L'effroi d'un coup de chaud...

Il l’a fait. Donald Trump a annoncé la semaine dernière le retrait des Etats-Unis des Accords de Paris sur le climat. Le président américain fait donc fi des efforts pour lutter contre le réchauffement climatique que son prédécesseur, Barack Obama, avait initiés au nom de son pays il y a moins de deux ans. La décision du président Trump figurait dans le programme du candidat. Certes, l’importance du sujet pouvait laisser penser que la raison finirait par s’imposer. Il n’en a rien été et on reste pantois face à une décision aussi lourde de conséquences. L’actuel président outre-Atlantique est fantasque. On peut cependant ne pas se laisser polluer par des idées sombres. D’abord, les autres signataires veulent faire front. Ensuite, le monde économique a démontré, dans la foulée de l’annonce de Donald Trump, qu’il était bien plus rationnel et pragmatique que le monde politique, et si un homme peut dénoncer un accord, il n’en va pas de même pour arrêter un mouvement. D’ores et déjà, beaucoup d’acteurs américains ont développé un « resistance act  » contre cette décision. Les actionnaires du pétrolier américain Exxon ont imposé à leur direction d’être transparente sur les rejets de CO2. Le maire de New York a indiqué que sa ville tiendrait ses engagements s’inscrivant dans le cadre des Accords de Paris, le maire de Pittsburgh également, l’Etat de Californie aussi, etc.

Et l’Europe ? L’Europe a naturellement conscience du formidable leadership qu’elle doit assurer en la matière. De la reculade américaine elle doit même tirer des profits tant le potentiel économique que représente la transition énergétique est important. Y compris en termes d’embauches. Doit-on rappeler que la progression du nombre de postes dans les énergies renouvelables aux Etats-Unis est égale à douze fois le taux de croissance de l’emploi du pays ? C’est cette manne dont se prive Donald Trump et qui justifie le rôle de chasseurs de têtes endossé par notre président Emmanuel Macron le jour même de l’annonce pour accueillir en France les meilleurs ingénieurs américains en matière de climatologie.

Reste que ces nouvelles plutôt rassurantes ne doivent pas masquer la nécessité de redoubler d’efforts dans l’action. Dans le monde de la finance, les investissements estampillé ESG (Environnement, Social, Gouvernance) sont surtout l’apanage des investisseurs institutionnels. Mais les épargnants ont aussi leur mot à dire. Alors que le nombre de fonds d’investissement de cette nature est resté relativement stable depuis quatre ans en Europe, les encours ont progressé de près de 50 %. Mais sur les quelque 170 fonds verts commercialisés en Europe, l’encours global de l’ordre de 22 milliards d’euros est encore faible. Pis, les infrastructures si recherchée par les investisseurs de long terme constituent une classe d’actifs où les family offices et les particuliers ne représentent que 1 % des souscripteurs. Bref, à défaut de voir Donald Trump se mettre au vert, faisons en sorte que notre épargne se teinte plus largement encore de cette couleur. Vite, car il y a urgence.