Le rapprochement entre Cholet Dupont et Oudart répond aussi aux attentes du régulateur

L'opération s'inscrit dans une logique concurrentielle mais le régulateur y trouvera aussi son intérêt.
(Pixabay)

Une facilité culturelle et une nécessité réglementaire. C’est en quelques mots ce qui a conduit le groupe Cholet Dupont à participer au tour de table puis à la cession du groupe EFG de sa participation dans la banque Oudart. « Sur le plan culturel, notre passé commun d’agents de change nous donne de grandes similitudes », précise Fabrice de Cholet, président de Cholet Dupont. « Nous nous connaissons bien et avons des parcours similaires, y compris sur le plan capitalistique puisque La Française est notre actionnaire de référence avec 34 % du capital.»

Le groupe Cholet Dupont affiche néanmoins des encours trois fois plus élévés et a vu un sens à mettre la banque Oudart dans son escarcelle. L’union fait en effet la force sur le plan réglementaire, tant en matière de ratio de solvabilité que d’accroissement des capacités en fonds propres. « Le régulateur et la BCE veilleront de plus en plus à ne pas avoir d’établissements de crédit de trop petite taille », prédit Fabrice de Cholet qui note que la présence du Crédit Mutuel au capital rassure le régulateur. En outre, l’atteinte d’une taille critique est indispensable, y compris en matière de concurrence dans le secteur des caisses de retraites par exemple, soucieuses de surveiller les ratios d’emprise avant d’investir.

En ce qui concerne l’opération à proprement dite, les deux équipes devraient rester en l’état. « Pas de plans de sauvegarde de l’emploi, et pas de licenciement de prévu », assure le patron de Cholet qui souligne l’absence de doublons au niveau des clients des deux établissements. En revanche, les deux entités vont être fusionnées d’ici la fin de l’année pour prendre le nom de Cholet Dupont-Oudart. A l’horizon 2022, ce seront au tour des sociétés de gestion de connaitre une rationnalisation, notamment au niveau de l’offre. Les deux fonds investis sur la France et ceux sur l’Europe, qui figurent dans les deux établissements auront vocation à fusionner.