Le nouveau patron de Credit Suisse constitue sa garde rapprochée

Lionel Garnier
Le nouveau directeur financier et la directrice des opérations arrivent de chez Deutsche Bank et Bank of Ireland.
(Crédit Suisse / ParadePlatz / à Zurich / Photo Credit Suisse.)

Ulrich Körner n’a pas perdu de temps. Trois semaines à peine après sa prise de fonction, le 1er août, à la tête de la banque helvétique en remplacement de Thomas Gottstein, le nouveau directeur général (DG) vient de procéder ce lundi 22 août à une vague de nominations de nouveaux hauts responsables, recrutés en dehors du groupe pour les postes les plus sensibles.

Dixit Joshi arrivera le 1er octobre prochain en tant que directeur financier. Jusqu’à présent trésorier de Deutsche Bank, il remplacera David Mathers, démissionnaire il y a peu. Francesca McDonagh arrivera le 19 septembre en tant que directrice des opérations (chief operating officer), fonction nouvellement créée. A 48 ans, cette ancienne de HSBC était depuis bientôt cinq ans DG de Bank of Ireland. Tous deux intègrent le comité exécutif de la banque et seront placés, depuis Zurich, sous la responsabilité d’Ulrich Körner. Par ailleurs Michael J. Rongetti devient chef par intérim de la division Asset Management tandis que Francesco de Ferrari, DG de la division gestion de fortune (Wealth Management) devient DG pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique (EMEA).

La désignation de cette nouvelle garde rapprochée intervient alors que Credit Suisse tangue depuis plusieurs années au gré d’une gouvernance passablement agitée et de scandales et amendes souvent coûteuses.

En accélérant le tempo tout en optant pour des profils recrutés hors du groupe, Ulrich Körner tente de convaincre qu’il a conscience de l’urgence stratégique et, in fine, ne veut rien s’interdire en terme de transformation. Or le temps presse. Avec une action qui, à 5 francs suisses, plonge de 45% en 2022 pour évoluer sur ses plus bas depuis 1995, Ulrich Körner n’a connu aucun état de grâce boursier. Depuis sa désignation, fin juillet, l’action a encore lâché 4%.

La banque reste sous le feu critiques d’actionnaires moins patients. Dernière initiative en date, Harris Associates qui détient environ 10% du capital fait monter la pression notamment pour le pôle de banque d’investissement. Le gestionnaire d’actifs presse la banque d’y clarifier ses priorités, estimant que si le redressement n’est pas au rendez-vous dans les deux prochaines années, la question d’une vente, d’une scission ou d’une fusion se posera. Plus tôt en août, les agences de notation sont entrées dans la danse, avec des dégradations de notes chez Moody’s et un abaissement des perspectives de stable à négative chez S&P Global.