Grand Prix du Patrimoine Jeunes Diplômés 2014

Le master 223 de Paris-Dauphine assoit sa suprématie

Pas moins de 22 cursus spécialisés se sont présentés au concours organisé par L’Agefi Actifs depuis maintenant douze ans
Déjà vainqueur l’an dernier, le master Droit du patrimoine professionnel de Dauphine remporte l’écrit pour la quatrième fois
André Liedet, La soirée de remise des prix au Concept Store de BNP Paribas, place de l’Opéra à Paris, a eu lieu le 30 juin.

C’est devenu un rendez-vous incontournable dans le milieu de l’enseignement supérieur après douze années de compétition.

Tous les troisièmes cycles spécialisés en gestion de patrimoine sont sollicités pour participer au Grand Prix du Patrimoine Jeunes Diplômés organisé par L’Agefi Actifs et, de la dizaine impliquée à l’origine, le nombre a rapidement doublé, prouvant une réelle émulation ancrée au fil du temps.

Pour preuve, sur un potentiel de 36 formations sollicitées aux quatre coins de l’Hexagone, 22 ont accepté le challenge cette année, inscrivant ainsi un record de candidatures (lire l’encadré sur la liste des participants p. 11).

Il y a les irréductibles défections, pour des raisons que nous ignorons, et même un lauréat pas si ancien qui n’a jamais remis ses lauriers en compétition.

Peu importe, le cercle s’élargit à notre plus grande satisfaction avec, cette année, l’arrivée en lice de France Business School de Brest, de l’université catholique de Lille et de Paris V.

En l’occurrence, tous les acteurs ont des raisons de se féliciter de cette mobilisation : les enseignants, qui peuvent se jauger à leurs pairs et faire évoluer leurs formations ; les étudiants dans leur ensemble s’approchant des réalités prochaines de la vie active et même obtenant, pour les meilleurs d’entre eux, des contacts précieux ; nos partenaires décrochant ainsi quelques pépites ; et, avouons-le nous même, de sérieux lecteurs en herbe.

Devenu un baromètre de la qualité des enseignements, notre prix mobilise à l’écrit une centaine d’étudiants pendant six mois et, depuis 2005, comporte un volet oral afin d’être le reflet le plus complet possible des exigences des métiers patrimoniaux.

Un écrit, un oral décentralisé et une finale de l’oral.

Le Grand Prix Jeunes se décompose en effet en trois phases.

La première consiste à résoudre à l’écrit et par équipe de cinq au maximum un cas pratique d’ingénierie patrimoniale concocté traditionnellement par la Compagnie des conseils et experts financiers (CCEF). Son exposé (lire p. 15) a été adressé aux candidats à la mi-octobre 2013 de manière à leur permettre – ainsi qu’au corps enseignant – de programmer leur charge de travail et de pouvoir restituer leurs connaissances le 28 mars 2014, date limite de remise des copies.

Cette partie théorique permet de décerner notre « Grand Prix de l’Ingénierie ».

La deuxième étape prend la forme d’un examen oral décentralisé sur les différents campus à Paris et en régions afin de présélectionner les étudiants.

En s’appuyant sur la situation du client patrimonial exposée dans le cas pratique, l’ensemble des participants a passé dans le courant du premier quadrimestre 2014 un entretien de type découverte afin de préciser les attentes familiales et financières de l’intéressé.

Ces auditions mobilisent en tant que jurés une quarantaine de responsables de BNP Paribas Banque Privée et de Cardif, partenaires officiels de la manifestation depuis l’origine.

Les notes individuelles obtenues à cette occasion sont agrégées pour chaque équipe présente à l’oral et la moyenne en découlant est consolidée avec la notation écrite.

L’objectif de ce système croisé de sélection est de déterminer les groupes les plus homogènes à la fois sur les plans technique et commercial.

Au terme de ces étapes, les représentants des cinq meilleurs groupes ont été invités à se départager individuellement lors d’une finale de l’oral à Paris, qui conduit au podium du « Grand Prix du Conseil ».

GRAND PRIX DE L’INGÉNIERIE

L’épreuve écrite a donc mis en compétition 22 équipes. Leurs copies sont corrigées, au travers d’un double filtrage, par un jury interprofessionnel issu de la Compagnie des conseils et experts financiers (CCEF – lire l’encadré sur les membres du jury).

Une grille d’appréciation très précise intègre des critères de forme : identification du contexte, présentation du document, clarté de l’exposé, empathie vis-à-vis du client, longueur limitée de l’exposé...

Les correcteurs s’attachent aussi, bien sûr, à l’analyse de fond concernant les propositions et préconisations juridiques, fiscales et financières, leur adéquation avec les attentes du client ainsi qu’à la qualité de l’argumentaire.

Une notation de 0 à 5 pour la cinquantaine de critères retenus permet d’établir le classement définitif. Il en ressort le palmarès 2014 suivant :

Premier prix.

Il est attribué à cinq étudiants du master 2 Droit du patrimoine professionnel de l’université de Paris-Dauphine :

- Antoine Dorchies

- Victor Fontaine

- Amandine Gintrand

- Pauline Lambert

- Soline Métais

Dirigés par Sophie Schiller, ils perpétuent une remarquable lignée, succédant à leurs pairs déjà lauréats l’an dernier et à leurs prédécesseurs en 2005 et 2007, alors sous la houlette de Jean et Evelyne Prieur.

Deuxième prix.

Il revient à un trio du master 2 Gestion de patrimoine de l’université Lille II, dont le responsable est Sébastien Dereeper :

- Thibaut Delannoy

- Mathieu Delaurier

- Morgane Cavalier

Troisième prix.

La troisième marche est occupée par le master 2 Gestion de patrimoine de l’IAE de Grenoble II, sous la responsabilité de Gilles Sanfilippo :

- Audrey Billion-Laroute

- Matthieu Bour

- Sophie Godfroy

- Thomas Meotti

- Christophe Roux

Signalons que cette formation s’est déjà illustrée par deux fois en tête du Grand Prix du Conseil en 2010 et 2011, succédant d’ailleurs à Lille II.

GRAND PRIX DU CONSEIL

Concernant la partie orale, 22 étudiants ont été sélectionnés pour la finale à l’issue du parcours de présélection.

Ils ont eu à se départager dans les salons du siège de BNP Paribas Banque Privée à Paris, le 30 juin dans l’après midi.

Engagés dès lors dans un chacun pour soi, les finalistes étaient issus des masters 2 des universités de Paris-Dauphine, Lille II et Grenoble II, ainsi que de l’IAE de Lyon III et de l’IUP de Nancy II.

Face à deux hauts responsables de BNP Paribas Banque Privée et de Cardif (lire l’encadré sur les membres du jury) dans les rôles impartis des clients – l’associé-gérant d’une clinique assisté de son conseiller –, chacun des étudiants a dû faire le liant entre le rendez-vous de présentation noué en présélection, et, pour cette reprise de contact, l’argumentation autour des solutions patrimoniales préconisées.

Pour ce faire, ils ont le choix de se projeter dans le costume d’un salarié d’un établissement financier ou dans celui d’un professionnel libéral.

Objectif : convaincre en une demi heure au travers d’un argumentaire serré et d’un échange en situation réelle.

Les éléments pour les juger portent sur leur présentation, leurs connaissances techniques et l’empathie (3 points pour ces critères), ainsi que, avec un fort coefficient (11 points), sur la réactivité commerciale.

Après délibération, le jury a mis en avant les prestations des candidats suivants :

Premier Prix.

Pauline Lambert du master 2 Droit du patrimoine professionnel de l’université de Paris-Dauphine

Deuxième Prix.

 Marion Rémy du master 2 Négociation et ingénierie patrimoniale de l’université de Nancy II

Troisième Prix.

Soline Métais du master 2 Droit du patrimoine professionnel de l’université de Paris-Dauphine

REMISE DES PRIX

La soirée de remise des prix s’est déroulée dans un lieu porteur de modernité, le Concept Store de BNP Paribas, place de l’Opéra à Paris. Un vaste espace alliant design et technologie particulièrement adapté pour recevoir la jeune génération des lauréats et finalistes.

Ceux-ci se sont retrouvés au milieu de leurs aînés représentant toutes les sensibilités du conseil patrimonial pour découvrir enfin, après neuf mois de compétition, le palmarès bien évidemment tenu secret jusqu’à ce 30 juin. Avec, au bout de la surprise, des manifestations d’enthousiasme communicatives.

Les vainqueurs des deux épreuves ont reçu une dotation financière, mais tous les présents ont été largement récompensés par nos partenaires. Une occasion aussi, bien sûr, de nouer des contacts avec les professionnels.

L’hôtesse des lieux et directeur de BNP Paribas Banque Privée, Béatrice Belorgey, s’en est félicitée : « L’expertise en ingénierie patrimoniale est l’un des vecteurs clés pour délivrer le conseil sur l’ensemble du patrimoine. Le fait que les jeunes soient intéressés est évidemment très important. »

D’où le rappel de l’engagement historique de la banque à ce concours depuis 12 ans et de son intérêt pour un vivier de talents.

Jean-Christophe Boccon-Gibod, directeur du développement commercial du groupe Cardif et président du jury de l’oral, a souligné son attachement à une épreuve qui allie des compétences d’analyse, mais aussi la mise en œuvre de solutions, la capacité de convaincre et de faire preuve d’esprit commercial.

Le dirigeant de Bärchen, Eric Normand, a de son côté observé que même dans le milieu de la formation continue, les passerelles avec l’enseignement supérieur sont essentielles et sources de dynamisme.

Enfin, le président de l’écrit, Silvestre Tandeau de Marsac, a insisté sur la qualité de ce millésime tout en mettant en garde des étudiants très à l’écoute : « Vous allez entrer de plain pied dans une profession délicate ! »

Illustrant son propos par les exigences croissantes de conformité, il a rappelé l’une des clés du succès : « Il faut faire preuve d’imagination et apprendre en permanence à se renouveler. »