Le gestionnaire britannique Fundsmith s’implante à Paris

Adrien Paredes-Vanheule
Fundsmith, l’une des sociétés de gestion parmi les plus connues du Royaume-Uni, vient d’installer son activité européenne à Paris, a appris NewsManagers.
Terry Smith, CEO et co-fondateur de Fundsmith (Crédit Fundsmith)

Le gestionnaire d’actifs britannique indépendant Fundsmith a été fondé en 2010 et est dirigé par Terry Smith, considéré outre-Manche comme un gérant star, ses fonds étant très populaires chez les conseillers financiers locaux. Selon nos informations, Fundsmith a établi une société par actions simplifiée (SAS) baptisée Fundsmith Europe fin octobre et immatriculée mi-novembre.

La SAS a commencé ses activités le 3 décembre. Elle a pour objet, «en France et à l’étranger», la réalisation de toutes opérations et la participation à toutes activités autorisées du fait de son statut d’entreprise d’investissement, conformément aux modalités de l’agrément délivré par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR). Cela inclut entre autres la distribution de produits financiers, dont les parts d’organismes de placement collectifs, et la fourniture de services d’investissement.

Fundsmith Europe a nommé Hugo Cardale, actuellement en charge des ventes pour l’Asie, la Scandinavie et les family offices, en tant que premier président de la société. La société de gestion dont les quartiers généraux se situent à Londres, dispose déjà de bureaux dans l’Etat du Connecticut aux Etats-Unis et sur l’île Maurice.

Certains marchés européens sont actuellement clairement visés depuis Londres par les représentants des ventes de la société de gestion au regard de l’intitulé de leurs fonctions. C’est le cas du Benelux, de l’Irlande, de la Scandinavie, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche, ces trois derniers marchés étant couverts chez Fundsmith par l’archiduc Philipp von Habsburg.

En Europe, Fundsmith s’appuie sur la distribution d’une Sicav luxembourgeoise dont les deux compartiments Fundsmith Equity et Fundsmith Sustainable Equity sont respectivement autorisés à la commercialisation en France depuis janvier 2020 et mars 2021. 

Une recherche du fournisseur de données Trustnet-FE fundinfo suggérait que sur les dix premiers mois de l’année 2021, le fonds Fundsmith Equity était celui dont la taille avait le plus grossi (+5 milliards de livres) parmi les fonds anglais ayant vu leurs encours augmenter d’un milliard de livres sterling ou plus sur la période.

Succession

Selon son site internet, Fundsmith gérait 33 milliards de livres sterling (environ 39 milliards d’euros) à fin décembre 2020. Elle a été «structurée pour survivre au trépas de Terry Smith et poursuivre sa philosophie d’investissement». Terry Smith, âgé de 68 ans et résident mauricien depuis quelques années, figurait parmi les 500 plus grosses fortunes du Royaume-Uni en 2019 avec une fortune estimée à 300 millions de livres sterling (353 millions d’euros). Son style d'investissement sur les actions est régulièrement défini comme étant quality growth (croissance de qualité).

Avant de co-fonder Fundsmith, Terry Smith a été directeur général du groupe de courtage Tullett Prebon, qui a été un temps fusionné avec la compagnie de services financiers Collins Stewart, que Smith avait rejointe en 1996 et dirigée à partir de 2000.  Auparavant, le gérant star a travaillé comme analyste pour différentes institutions financières à Londres dont la banque Barclays. Terry Smith, qui est par ailleurs responsable des investissements de Fundsmith, s’est déchargé de certaines de ses fonctions de gérant ces dernières années, notamment sur les trusts de la firme.

Un peu à la manière d'Edouard Carmignac chez Carmignac Gestion, le dirigeant de Fundsmith a déjà évoqué des plans de succession même s’il n’envisage pas encore de se retirer. Selon des déclarations rapportées par Citywire lors de l’assemblée générale annuelle du fonds phare Fundsmith Equity en mars dernier, Terry Smith a estimé que le jour où il ne serait plus là, il n’était «pas viable» que lui ou ses héritiers et ses ayants droit continuent de détenir la majorité du capital de la firme. «Je pense que les personnes qui travaillent dans l’entreprise doivent en posséder la majorité du capital et j’ai la ferme intention de la leur donner. Cela est plus facile à dire qu’à faire mais je m’y emploie», a-t-il expliqué.