Conseil

Le développement du family office s'accélère

Le métier se structure rapidement depuis quelques années et attire de plus en plus de nouveaux entrants
Il gagne également en crédit auprès des professionnels de l'investissement, et notamment du private equity

« L’industrie du family office rentre dans une nouvelle phase. Une phase marquée par l’accélération du cycle économique et de la création de grandes fortunes. Cette accélération engendre un besoin croissant pour les services que nous proposons et donc une création de plus en plus importante du nombre de mono et multi family offices », a affirmé Jean-Marie Paluel Marmont, président de l’Association française du family office (AFFO), à l’occasion du déjeuner de presse annuel de l’association. Le dirigeant a d'ailleurs indiqué que l'une des prises de contact les plus fréquentes avec l'AFFO portait sur les modalités de création d'un family office.

Selon lui, depuis la création du métier de family officer en France il y a 20 ans, le métier a fortement évoluer et s’est beaucoup structuré. « Dans les dix ans à venir, une augmentation très substantielle du nombre de session d’entreprises (1) va amener de nombreuses familles à devoir se doter d’un service de family office », a-t-il poursuivi.

Troisième investisseur en private equity. L’association, qui entend devenir « la référence des professionnels du métier de family office »,
se réjouit de la notoriété que la profession a acquis ces dernières années. Selon les derniers résultats publiés par France Invest, les family offices sont devenus les troisièmes investisseurs en France sur le marché du private equity.
« Ces chiffres nous donnent beaucoup de crédit et amènent les professionnels du capital investissement à porter une vraie attention à ce que nous avons à dire », insiste le président de l’AFFO.

L'association, qui revendique 100 membres (2), a fait de la transparence son crédo. Elle estime d’ailleurs que les dernières évolutions réglementaires vont dans le bon sens. « Tout n’est pas parfait et les rétrocessions restent encore la norme dans beaucoup de métiers du conseil financier, mais la tendance commence à changer et la transparence, dans un milieu qui ne l’était pas, change les habitudes et les mentalités », a souligné François Mollat du Jourdin, secrétaire général de l’AFFO et président de MJ&Cie. Le dirigeant, qui a rappelé que l’AFFO demandait à ses membres une part minimum de 70 % en honoraires n’a pas caché sa volonté que celle-ci monte progressivement jusqu’à 100 %, comme c’est le cas dans son propre family office. Il a également salué la décision de certains CGP de conserver leur fameux « I » d’indépendants en abandonnant les rétrocessions. « Nous avons beaucoup à apprendre des bonnes pratiques des autres métiers de la gestion patrimoniale et familiale. Un family officer est un chef d’orchestre du patrimoine, il doit donc connaitre l’ensemble des métiers gravitant autour du conseil à destination des familles », a-t-il martelé.

L'immobilier a toujours le vent en poupe. L’association a profité de l’événement pour présenter son 6e livre blanc. Baptisé « immobilier pour les familles » il a pour ambition de livrer aux family officers, les outils nécessaires à la gestion efficace d’un patrimoine immobilier, de sa constitution à sa transmission, et de les aider dans la gestion d’un portefeuille immobilier. Selon Yohann Floc’h, président de la commission en charge de la rédaction de ce livre blanc, 100 % des familles clientes des family offices veulent investir dans l’immobilier. C'est au niveau des classes d'actifs immobilières que les différences se manifestent. « L'intérêt pour l'immobilier va être encore plus marquée face à la baisse des marchés, car beaucoup de nos clients le considèrent comme une valeur refuge », a-t-il assuré.

Par ailleurs l’association a réaffirmé la dynamique de son activité avec plusieurs projets :

- La deuxième session, en janvier 2021, de sa formation créée en partenariat avec l’Aurep, affiche déjà complet.

- Le lancement d’une enquête stratégique sur l’écosystème lié au métier du family office.

- Le lancement de sa septième commission sur le thème de l’investissement durable, avec pour objectif de publier ses travaux sous forme d'un nouveau livre blanc.  

 

(1) En 2015 Fanny Dombre-Coste avait remis un rapport parlementaire à Bercy sur la reprise d’entreprise. Le document estimait déjà à 700.000 le nombre de cessions qui aurait lieu entre 2015 et 2025.

(2) Dont 60 % de family office (un tier de multi et deux tiers de single) et 40 % de partenaires experts.