Latour Capital et Sogecap entrent au capital de Primonial

Le groupe a officialisé la sortie d’Arkéa et précisé qu’Aberdeen, Grosvenor et LGT co-investissaient
DR, Stéphane Vidal

Cela fait des mois qu’il est question de la réorganisation du capital de Primonial. C’est maintenant chose faite. Bridgepoint, jusqu’alors détenteur de 56 % de l’entreprise, se séparera d’une partie de ses parts pour passer à 35 %, tandis qu’Arkéa cédera la totalité des 29,1 % qu’il détenait – après en avoir vendu un peu plus de 15 % en 2016. Latour Capital, qui était déjà actionnaire entre 2014 et 2016, entre à hauteur de 35 %, sous la forme d’un fonds, Latour 3, et d’un co-investissement avec Aberdeen Standard Investments, Grosvenor Capital et le Liechtenstein Global Trust (LGT, la banque privée et le groupe de gestion d’actifs de la maison princière du Liechtenstein). Par ailleurs, Sogecap, la société d’assurance vie du groupe Société Générale se portera actionnaire de Primonial à hauteur de 18,5 % via son actif général. La part du personnel passera de 14,1 % à 11,1 % et la fondation AlphaOmega conservera 0,4 % du capital, contre 0,7 % précédemment. La finalisation juridique de l’opération aura lieu en décembre.

Au mois de janvier dernier, un peu moins d’un an après l’entrée de Primonial au capital de la Financière de l’Echiquier (LFDE) – le gestionnaire est maintenant détenu à 100 % par le groupe -, la société avait mandaté Rothschild et JPMorgan pour trouver un repreneur. Mais la sortie industrielle n’est finalement pas la solution qui a été retenue, aucun repreneur n’ayant été trouvé pour une société dont les chiffres de valorisation qui circulaient à l’époque atteignaient deux milliards d’euros. De la même manière, la société n’a pas non trouvé de fonds susceptible de prendre une part majoritaire au capital. Elle s’est finalement repliée sur une solution mêlant fonds d’investissements et sociétés financières.

Ce nouvel actionnariat doit aider le groupe à franchir un nouveau cap dans son développement, notamment dans sa volonté d’accroître sa présence à l’international et de faire davantage connaître sa marque auprès du grand public. Alors que ses encours sont passés de 19 milliard d’euros en 2016 à 37 milliards fin 2018, il anticipe près de 45 milliards d’euros sous gestion à la fin de l’année. « Avec un grand fonds de capital investissement, nous aurions bénéficié de moins de synergie qu’avec nos nouveaux partenaires », explique Stéphane Vidal, le président de Primonial. En interne, d’autres confirment que « si les synergies avec Grovenor et LGT ne seront pas, au départ, facile à trouver, celles avec Sogecap et Aberdeen sont beaucoup plus naturelles ».  

Une nouvelle offre de private equity en assurance-vie

Dans le même temps, le groupe a présenté sa dernière unité de compte : PrimoPacte, un fonds de fonds de private equity disponible en assurance-vie. Développée en partenariat avec Oradéa Vie (filiale de Société Générale Assurances) et Idinvest Partners, l'objectif de la stratégie est de rendre "accessible aux particuliers des investissements réservés jusqu'ici aux institutionnels", a expliqué Latifa Kamal directrice développement produits et Ingénierie Patrimoniale de Primonial.

Oradéa Vie assurera la liquidité du produit en rachetant directement les parts de fonds aux particuliers avec son actif général. La valorisation du support sera quinzomadaire. 

Le fonds de fonds sera géré par Idinvest Partners. Le portefeuille sera constitué d'une quinzaine de fonds de private equity de grands noms du secteurs (KKR, Ardian, etc.) et de prises de participation en direct. Au total, les sous-jacents devraient atteindre près de 100 entreprises non cotées. Les investissements seront ciblés prioritairement en Europe dans tous les secteurs d’activités.

L’unité de compte est accessible via les contrats d’assurance vie ou de capitalisation Target+, Target + Capi et Target + Capi PM, assurés par Oradéa Vie, à hauteur de 30% du contrat maximum au moment de l’investissement.

La commercialisation de PrimoPacte est accessible pendant une période limitée de six mois à partir du 23 septembre 2019 et dans la limite de l’enveloppe disponible fixée pour cette première version à 50 millions d'euros.