Digitalisation

L'assurance vie en ligne prête à décoller

Hervé Tisserand, cofondateur et directeur général d’Altaprofits
Les courtiers en ligne captent 2 à 3 % des encours de l’assurance vie, profitant peu de la très forte croissance d’internet dans la consommation en tout genre
Hervé Tisserand, cofondateur et directeur général d’Altaprofits, se lance dans un plaidoyer en faveur de l’assurance vie en ligne. Il reste persuadé que son développement va s’accélérer

Sur le papier, nul ne le contestera, l’assurance vie et ses 1 750 milliards d’euros gérés sont aux mains des banques et de quelques assureurs traditionnels. L’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), le gendarme du marché, le rappelait récemment :
6 bancassureurs enregistrent à eux seuls 61 % de la collecte en 2018. Une part du gâteau qui grossit de 7 points, puisqu’elle était de 54 % seulement en 2011. Dès lors, quelle est notre place, acteur du net ? Avec 2 à 3 % des encours, nous, comme les autres courtiers en ligne, faisons « notre nid » sans toutefois profiter réellement de l’explosion du commerce en ligne observé sur de nombreux produits de consommation ; en 2018, c’est 90 milliards d’euros qui ont été dépensés par les Français sur Internet, soit une hausse de 13,4% en un an seulement (source : Fevad).

L’inertie des Français en matière d’épargne, quand bien même ils privilégient l’épargne à la consommation et qu’ils sont plus de 9 sur 10 à épargner (source : sondage OpinionWay pour Altaprofits, juin 2019), est un frein colossal au développement des solutions digitales, mais la donne est désormais en train de changer.

Cartes rebattues.

La raison tient, d’une part, dans une évidence démographique. Vingt ans d’existence, c’est un saut de génération. Voilà pourquoi la physionomie des épargnants est sur le point de se modifier. Tant les nouveaux quadra-quinquas que les seniors d’aujourd’hui sont évidemment plus aguerris aux nouvelles technologies que leurs ainés des années 2000. Nous comptons en plus de nouvelles cibles. Nous nous adressons maintenant aux générations X (situées juste après les « Baby-Boomers), Y (nées entre 1980 et 1995, les célèbres « Millenials ») et Z (personnes nées autour des années 1996). Toutes ces générations ont des habitudes de consommation bien différentes de leurs parents et grands-parents. Pour ces générations, baptisées par le concepteur de jeux américains Marc Prensku, de « digital natives » (ou « natifs numériques »), qui ont grandi dans l’environnement des ordinateurs, des téléphones mobiles, des baladeurs MP3 et surtout d'Internet, le digital a plus que tout son sens (accès rapide à l’information, gain de temps, selfcare…) et c’est cette même génération qui conseille les « baby boomer », leurs aïeuls.

Parlons également du maillage national des agences bancaires qui peu à peu s’appauvrit.  Les agences sont moins nombreuses et certaines banques (toutes enseignes confondues) sont même entrées dans une phase de fermeture de leurs points de vente. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en dix ans les banques françaises ont fermé 5 % de leurs agences, soit environ 2.000  points de vente (Source : BCE/Les Echos). Et ce n’est que le début. Que de changements dans notre manière de consommer.

Catalyseurs. L’assurance vie en ligne va vers de nouveaux horizons. En plus de ces mutations sociologiques et psychologiques, de nombreux éléments clefs lui sont favorables.

Le premier d’entre eux est la supériorité de l’offre en ligne par rapport à la très grande majorité des contrats classiques. En témoigne les nombreux palmarès établis dans les revues patrimoniales ou encore, la multitude de comparateurs en ligne.

Autre élément tant essentiel que crucial : les offres en ligne ont des frais nettement plus bas que leurs concurrents qu’ils soient bancaires, associatifs, acteurs de la grande distribution ou encore réseaux mutualistes ; ainsi, les frais de gestion prélevés chaque année par exemple, autour de 0,60 % à 0,70 % sur les contrats digitaux atteignent 0,85 % à 1 % sur l’offre bancaire : un écart colossal sur la durée.

Ensuite, l’offre financière proposée dans les assurances vie en ligne, est bien plus large. Les contrats permettent d’investir sur les supports de son choix, avec des sélections de fonds étendues (certains courtiers en ligne proposent plus de 650 supports d’investissement parmi l’immobilier avec les SCI/SCPI et OPCI, les Actions, les OPCVM, des Certificats ou encore des ETF…). Ici, pas de fonds très chargés en frais, mais au contraire l’accès à la diversité des sociétés de gestion.

Enfin, la sécurité de l’épargne, dont les Français sont si friands (3/4 des sommes placées par les épargnants en 2018 l’ont été sur des fonds en euros – source : Fédération Française de l’Assurance - FFA). Les fonds en euros des offres en ligne affichent également des rendements plus élevés, année après année, que la moyenne du marché (source FFA : le rendement moyen des fonds en euros présents sur le marché est de 1,8 % en 2018 versus jusqu’à 2,8 % net de rendement chez différents courtiers en ligne).

Digital... Fort de ces éléments, tout épargnant un peu curieux sait vite où diriger son obole. Mais il se heurtera alors à l’argument massue de son banquier pour décrédibiliser cette offre : l’absence de conseils, de services, bref d’humain. Le refrain est connu, il sonne pourtant faux. Au lieu de mettre une distance avec l’épargnant, la technologie lui rend en réalité la vie plus simple. Il y a, pour les épargnants, de nombreux bénéfices à tirer des plateformes internet : visualisation de ses actifs « en temps réel » ce qui induit, versus les offres commercialisées par les bancassureurs, une grande transparence, une facilité et une dématérialisation des actes de gestion (notamment avec la signature électronique), une offre d’outils de simulations et des robo-advisor, le tout pour affiner leurs choix d’investissement, faciliter le suivi de leur contrat, piloter et gérer (notamment avec le suivi du couple « rendement-risque » et l’optimisation de leur portefeuille).

…et humain.

L’humain ? Parlons-en ! Le personnel des sociétés de courtage en ligne est qualifié, composé pour certains d’entre nous, de conseillers diplômés en gestion de patrimoine, disposant du temps pour répondre aux demandes par téléphone, par e-mail, voire sur rendez-vous, et augmentés (on parle souvent de « conseillers augmentés ») car assistés et équipés d’outils technologiques pour optimiser la relation client et l’acte de vente.

La notion de « conseiller augmenté », dans notre domaine d’activités, fait spécialement référence à des outils basés sur la notion d’intelligence artificielle permettant de réaliser des diagnostics et suggestions de recommandations de placements. Nos conseillers, à « forte valeur ajoutée », réalisent des conseils bien plus fins et pointus. Bref, nul besoin d’être un épargnant averti pour prendre une assurance vie digitale, le produit est souple et adaptable par excellence.

Communiquer.

Reste à faire savoir tout cela. La solution passe sans doute par un discours loin de toute sophistication, comme répéter que les contrats internet sont accessibles à tous, avec quelques centaines d’euros, signaler que leur offre est plurielle, donnant à chacun un choix entre plusieurs assureurs, ce qui est la meilleure sécurité pour l’épargne de tout un chacun.

Autre argument choc pour convaincre les réticents : leur capital. Placer sur une assurance vie en ligne, c’est gagner en pouvoir d’achat. C’est à la clé une épargne mieux rémunérée. La démonstration est si simple à faire : Les contrats 2.0 ne prennent pas de frais sur les versements, un avantage si évident et colossal qu’il serait bon de le rappeler quand l’offre classique ponctionne 2 à 3%. Sur la durée, ce sont autant d’euros perdus, et moins d’épargne qui rapporte.

Certains Français ont pris pour habitude de laisser « dormir » leur épargne sur leur compte courant sans doute par peur et/ou par méconnaissance des produits d’épargne. D’autres préfèrent les placements réglementés comme le Livret A dont le taux de possession est de 22% en France (source : sondage OpinionWay pour Altaprofits, juin 2019), le Livret d’Epargne Populaire, le Plan Epargne Populaire ou encore le Livret Jeune  ; ils ne rapportent plus rien et souvent même moins que l’inflation…

Tandis que le gouvernement travaille, avec la Loi Pacte, à l’élaboration d’un nouveau produit : le PER (Plan d’Epargne Retraite), l’assurance vie en ligne, dont le rapport qualité/prix/souplesse est indétrônable, reste une valeur sûre en ces moments mouvementés. Et elle le sera sans doute toujours plus ; c’est inéluctable !