L’architecture ouverte met un pied dans les réseaux bancaires

La Société Générale a annoncé des partenariats de distribution dans ses réseaux avec six sociétés de gestion externe.

L'attente aura duré plus de vingt ans avant qu’une grande banque à réseau franchisse le pas. La Société Générale a annoncé hier l’ouverture de ses réseaux à des gestionnaires d’actifs externes. C’est la première fois en France qu’une banque à réseau décide de développer l’architecture ouverte à grande échelle. BlackRock, DNCA, La Financière de l’Echiquier, Mirova, Primonial Reim et Lyxor (la seule société interne de la liste), verront leurs produits distribués dans le groupe bancaire dès le premier trimestre 2021, aux côtés de ceux d’Amundi.

Cela fait plusieurs mois que la Société Générale prépare le marché à ce virage stratégique. Dès la renégociation de son partenariat de distribution avec Amundi, elle a fait part de sa volonté de s’émanciper de son producteur historique de produits financiers. Dans les prochains jours, la banque va communiquer ses réflexions sur l’avenir de ses réseaux Société Générale et Crédit du Nord. Cette orientation vers davantage de conseil et une distribution de produits élargie fait donc partie du dispositif.

Cette ouverture reste toutefois contrôlée. Mis à part BlackRock, les gestionnaires choisis restent des boutiques, même si, comme DNCA ou Mirova, ils font partie de la galaxie d’un autre groupe bancaire, en l’occurrence Natixis, ou sont liés entre eux, comme La Financière de l’Echiquier et Primonial Reim.

A la fin des années 1990, lorsque la sélection de fonds a commencé à arriver en France, nombreux étaient ceux à croire que l’architecture ouverte allait se développer rapidement. Mais, si les banques privées l’ont progressivement intégrée dans leurs pratiques - c’est devenu pour elles la norme aujourd’hui – les réseaux ont jusqu’à aujourd’hui toujours résisté.

Certes, la position de la Société Générale, qui a choisi en 2010 de se séparer d’une grande partie de sa gestion pour participer à la création d’Amundi demeure un cas particulier. Il n’est pas dit que les autres réseaux, qui eux disposent de grands gestionnaires généralistes en interne, l’imitent. Mais cette initiative constitue tout de même un premier pas. Et si, comme le déclarait à L’Agefi Frédéric Oudéa, le directeur général du groupe, « à l’avenir, le client particulier ira voir son banquier avant tout pour du conseil », pouvoir distribuer des produits externes constituera un atout.