L’affaire UBS met toutes les banques privées suisses sous pression

Les attaques du fisc américain sur le secret bancaire déstabilisent la Confédération helvétique.

Coup de tabac sur les banques privées suisses.

Les titres des établissements cotés ont plongé vendredi à l’unisson, UBS, Credit Suisse et Julius Baer abandonnant respectivement 14%, 5,6% et 6,9%. La Suisse, qui a réussi grâce au secret bancaire à devenir la première place mondiale de la gestion de fortune offshore, voit en effet cet avantage concurrentiel historique se fissurer sous les coups de boutoir des Etats·Unis.

    En acceptant, le 18 février, de livrer au fisc américain l’identité de 250 clients soupçonnés de fraude fiscale et de régler une ardoise de 780 millions de dollars, UBS a bien ouvert la boîte de Pandore, comme le craignaient ses compatriotes. Loin de clore le dossier, cette première brèche dans le secret bancaire s’est élargie le lendemain après que les autorités fiscales américaines ont déposé plainte pour obliger le groupe à leur communiquer les noms des titulaires de 52.000 comptes supplémentaires.

    La gestion du dossier par UBS, et indirectement par la Confédération, lui vaut désormais une salve de critiques. «La réputation de l’ensemble de la place financière a été ternie par la faute d’une seule institution bancaire. C’est un précédent très ennuyeux pour la Suisse», regrettait vendredi Ivan Pictet, gérant de la maison du même nom, dans un entretien au journal genevois Le Temps.

    UBS n’avait guère le choix. Après avoir accumulé 35 milliards d’euros de pertes avant impôt dans sa banque d’investissement entre juillet 2007 et décembre 2008, le groupe se raccroche à son cœur de métier, la gestion de fortune. Une activité dont l’étoile a aussi pâli, puisqu’elle a enregistré des fuites de capitaux fin 2008 au profit, notamment, de petites banques privées helvétiques restées à l’écart de la crise. La banque ne peut se permettre de se voir interdire l’accès aux Etats·Unis, plus gros pourvoyeur de clients fortunés pour les établissements offshore. Surtout, l’affaire démontre une fois de plus le risque systémique qu’un effondrement d’UBS ferait peser sur la Suisse.

A 11 francs suisses, cours de clôture de vendredi, l’activité gestion de fortune d’UBS est désormais valorisée sur la base d’un multiple de résultats ramené à 7,7 et d’actifs en baisse de 40% sur 2009, selon le modèle par somme des parties des analystes de Credit Suisse. Ce qui en dit long sur le pessimisme – justifié ou non – du marché à l’égard de la banque. Une activité dont l’étoile a aussi pâli, puisqu’elle a enregistré des fuites de capitaux fin 2008 au profit, notamment, de petites banques privées helvétiques restées à l’écart de la crise. La banque ne peut se permettre de se voir interdire l’accès aux Etats·Unis, plus gros pourvoyeur de clients fortunés pour les établissements offshore. Surtout, l’affaire démontre une fois de plus le risque systémique qu’un effondrement d’UBS ferait peser sur la Suisse.

par ALEXANDRE GARABEDIAN