L'affaire Madoff coûtera 500 millions aux OPCVM français

L'AMF a précisé que 8% seulement de ce risque touche le grand public. Toutes les sociétés concernées devront communiquer.

Calmer le jeu. L’Autorité des marchés financiers s’est efforcée hier d’éteindre l’incendie qu’elle a elle-même contribué à allumer, en apportant des précisions bienvenues sur les conséquences, pour les petits épargnants français, de l’affaire Madoff. Elle a aussi mis en ligne une liste de questions/réponses destinées à rassurer le grand public.

Tous comptes faits, l’AMF estime à 500 millions d’euros l’exposition des OPCVM de droits français à la gigantesque fraude du financier américain. Il ne s’agit pas d’un risque direct, mais d’une exposition à travers des fonds de droits luxembourgeois et irlandais que l’Autorité ne cite pas. Il s’agit en l’occurrence des fonds Luxalpha, géré par UBS, et Thema Fund International, de droit irlandais. Sur ces 500 millions, 40 millions d’euros investis par des particuliers «lambda» sont en risque, ce qui relativise l’impact de l’affaire pour la veuve de Carpentras. Le gros des OPCVM exposés, 92% en montant, a été commercialisé soit auprès d’une clientèle privée fortunée (66%) soit auprès d’investisseurs institutionnels (26%).  «L’AMF a demandé à toutes les sociétés de gestion dont les fonds sont concernés de prévenir sans délai leurs clients de façon individuelle et de diffuser également l’information sur leur site internet», précise l’autorité. Certaines n’ont pas attendu, comme Fortis IM, ou encore Neuflize OBC, dont le fonds Optirisk n’est pourtant exposé qu’à hauteur de 200.000 euros à Luxaplha. Rothschild & Cie Gestion a aussi averti ses clients, et pour cause: l’un de ses FCP, Elite, compte 22,8% de son actif investi dans Luxalpha, soit 10 millions d’euros environ, et la société a décidé le 16 décembre de geler le rachat des parts. D’autres sociétés s’apprêtaient hier soir à sortir du bois. VP Finance, par exemple, dont le fonds VP Alternatif était exposé fin novembre à hauteur de 9,8% de son actif net à Luxalpha – soit à peine plus d’un million d’euros. Une simple recherche sur Internet suffit d’ailleurs à mesurer le degré de diffusion de ce fonds luxembourgeois, souvent pour des montants très modestes. On le retrouve dans des fonds de fonds commercialisés, par exemple, par Meeschaert ou Marignan, selon les derniers rapports mensuels de gestion publiés par ces sociétés. Thema Fund, lui, semble avoir été moins diffusé dans des fonds de fonds français.