L’activité institutionnelle pèse sur les revenus des conseillers financiers

Franck Joselin
Le chiffre d’affaires total des conseillers en investissements financiers a baissé de 10% en 2020.

Il n’y a pas que pour les secteurs du tourisme de l’hôtellerie et de la restauration que l’année 2020 aura été difficile. Les conseillers en investissements financiers (CIF) ont vu leur chiffre d’affaires baisser de près de 10% cette année-là, constate l’Autorité des marchés financiers dans un rapport publié vendredi. Les professionnels supervisés par l’AMF, un peu plus de 5.100, ont enregistré 2,6 milliards d’euros de revenus, contre 2,9 milliards d’euros en 2019. L’année apparaît donc décevante pour ces professionnels qui ont déclaré une collecte de 6,6 milliards d’euros et 42 milliards d’euros d’encours fin 2020.

Ces données sont tout de même à relativiser. La baisse est principalement due à la chute de l’activité des CIF institutionnels, de 23% en 2020. Le chiffre d’affaires total des 610 cabinets recensés comme tels par l’AMF est ainsi passé d’environ un milliard d’euros en 2019 à 790 millions en 2020. Et ce malgré un nombre important de CIF conseillers en gestion de patrimoine qui ont basculé dans la catégorie institutionnelle entre 2019 et 2020 (environ 290). «Cette évolution ne semble pas résulter d’une réorientation de long terme mais possiblement d’une réaction conjoncturelle au contexte de l’année 2020 marquée par la crise sanitaire», note l’AMF dans son rapport.

Cette catégorie de conseillers institutionnels, qui accompagnent notamment les investisseurs tels que les fondations, les caisses de retraite ou compagnies d’assurance dans le suivi de leurs investissements, reste par ailleurs particulièrement concentrée. Un seul acteur contribue pour 40% du chiffre d’affaires total de la catégorie.

Pour les conseillers en gestion de patrimoine traditionnels (hors CIF institutionnels), la baisse est moins importante. Leur chiffre d’affaires ne recule que de 1%, à 1,85 milliard d’euros. Les revenus exclusivement liés aux activités de conseil en investissements financiers, excluant ceux qui relèvent d’autres statuts tels qu’intermédiaire en assurance ou en opérations de banque, reculent d’environ 5%, à 390 millions d’euros contre 410 millions en 2019.

L’AMF note que sur cette somme la proportion des rétrocessions a eu tendance à augmenter, passant de 62% en 2019 à 66% en 2020. La part des droits d’entrée est restée stable (22%). La hausse des rétrocessions s’est donc faite au détriment des honoraires, qui représentent 12% des revenus du conseil en investissement financier en 2020 contre 16% en 2019.