L’activité de Nalo explose en 2021

Les encours de la fintech ont doublé pour atteindre 330 millions d’euros. La start-up vise les 5 milliards d’euros sous gestion à 5 ans
Numa Jéquier, président de Nalo

Les banques traditionnelles ne sont pas les seules à avoir tiré profit de la crise sanitaire. Les fintechs ont-elles aussi eux de beaux résultats, notamment grâce à leur avance en termes de digitalisation. C’est le cas de Nalo, qui a récemment annoncé un changement de direction et présentait lundi 14 février les chiffres de son activité 2021.

«Notre activité a connu une très forte accélération l’an dernier avec un doublement de la plupart de nos indicateurs clefs», a dévoilé Numa Jéquier, nouveau président de Nalo. Les encours sous gestion sont passés de 150 millions d’euros fin 2020 à 330 millions aujourd’hui. Le nombre de clients a plus que doublé s’établissant à 14.000 (contre 6.700 un an plus tôt), la société comptant désormais 33 collaborateurs dont six conseillers.

Côté produit, la start-up compte actuellement utiliser une quarantaine d’ETF au sein de ses portefeuilles, provenant de cinq sociétés de gestion : Blackrock, Lyxor, Amundi, Deutsche Bank et Vanguard.

A propos du changement de direction, Numa Jéquier a évoqué une décision «assez classique dans la vie d’une jeune société pour passer à une nouvelle phase de développement du produit et des partenariats», précisant que la décision a été prise «avec l’ensemble des actionnaires, dont Guillaume Piard». Selon nos informations, si la décision a bien été validée par une majorité des actionnaires, elle est à l’initiative d’une petite minorité et le départ du dernier fondateur Guillaume Piard a été contraint. «La décision a été inattendue, soudaine et violente», a confié une source proche du dossier à la rédaction. En revanche, ce changement de direction n’entraine aucun changement capitalistique et les deux fondateurs restent donc actionnaires en disposant de parts assez élevées.

Des objectifs ambitieux

Côté perspectives, Nalo ne ménage pas son optimisme : « Nous voulons gérer cinq milliards d’euros d’encours et fidéliser 250.000 clients d’ici à cinq ans », a expliqué Numa Jéquier, précisant que cet objectif ne tablait pas sur une transférabilité universelle de l’assurance vie ou même un meilleur fonctionnement de la transférabilité actuelle au sein d’un même assureur. Pour y parvenir, la jeune pousse mise avant tout sur sa croissance organique et ne prévoit pas, à date, de nouvelle levée de fonds ou de croissance externe.

Elle compte également restée concentrée sur le BtoC, même si elle ne cache pas avoir de nombreuses sollicitations pour l’utilisation de son robo advisor en marque blanche. «Nous avions étudié le marché en 2018, mais notre logique sur l’utilisation exclusive des ETF et de réduction des frais ne collait pas avec les acteurs que nous avons rencontrés», précise Numa Jéquier, qui a également évoqué une piste abandonnée allant vers l’épargne salariale, «trop complexe à mettre en œuvre».

Une V2 pour 2022

En 2022, Nalo sortira une nouvelle version de son espace client dont l’objectif sera de simplifier l’expérience client. Une application mobile devrait également voir le jour. Enfin, la plateforme travail au lancement d’un contrat à destination des mineurs.

Par la suite, la start-up prévoit d’ouvrir de nouvelles enveloppes fiscales mais «n’a pas encore fait son choix», assure son président. Le cas échéant, le partenariat avec Generali ne sera pas automatique et l’assureur participera, dans le cas d’une enveloppe assurantielle, à un appel d’offre global.

Elle aimerait aussi aller plus loin sur la finance comportementale, qui est à la base de la création de Nalo. La fintech voudrait réussir à agréger plus d’informations financières sur ces clients et les marchés qui les intéressent - notamment immobilière - pour proposer un conseil plus pointu et des probabilités de réussites des projets plus fines.