Notaires

La transformation Cheuvreux

L’étude notariale Cheuvreux a annoncé sa transformation en groupe
Une mutation au service du client sur fond de révolution digitale
Murielle Gamet, notaire associée, et Bruno Cheuvreux, notaire fondateur de l’étude Cheuvreux

L’étude notariale Cheuvreux basée à Paris est en pleine mue. Créée en 1982 par Bruno Cheuvreux, il s’agit de l’une des études notariales les plus importantes en France. Elle réalise « 3 à 4 % » de parts de marché en Île-de-France. Ses effectifs regroupent désormais 280 collaborateurs, 33 notaires salariés, et 7 notaires associés (bientôt 16 après validation de la Chancellerie).

Prise de participation. Elle devient la première étude à utiliser la possibilité offerte par la loi Macron du 6 août 2015 de prendre des participations dans d’autres études. « Nous portons cette idée depuis plus de 10 ans », souligne Bruno Cheuvreux, en expliquant qu’auparavant « les textes étaient ambigus » et que des « blocages territoriaux » subsistaient de la part de chambres notariales. Concrètement, en 2015, l’étude a créé la SPFPL
Cheuvreux Développement, qui peut prendre des participations dans d’autres études. Celles-ci partagent un projet d’entreprise, les profits et les risques, un modèle plus ambitieux que celui d’un groupement d'intérêt économique (GIE). Au 1er octobre, deux études ont d’ores et déjà rejoint le groupe à Reims (étude Reboul-Delloye) et Bordeaux (Lebeau & Cabanac). L’objectif étant d’en réunir 10 en 2019, et 20 en 2020.

L’Humain avant tout. Dans tous les cas, cette prise de participation est égalitaire, c’est-à-dire que Cheuvreux prend 49 % du capital en présence d’un associé, 33 % s’il y en a deux, 25 % s’il y en a trois, etc. « Le choix des partenaires se fait avant tout autour de valeurs, que sont la qualité du service, la réactivité, la proactivité, l’innovation, et le sens du client », détaille Bruno Cheuvreux. « Nous recherchons des confrères qui ont la volonté d’entreprendre, tout en conservant ce caractère de service public qui distingue notre profession. » Le groupe affirme également ne pas chercher un segment particulier de clientèle avec ces prises de participations, mais davantage « se rapprocher de ses clients » qui ont souvent des activités dans toute la France, à l’instar des foncières ou des promoteurs. Le groupe n’exclut pas d’ailleurs de s’associer avec des notaires créateurs d’entreprise. L’étude partenaire bénéficiera de la marque Cheuvreux, ainsi que de la mise à disposition de fonctions supports et de fonctions métiers. 

Interprofessionnalité. Pour mener à bien cette transformation, le groupe a été accompagné par une pluralité de professionnels : de l’expert-comptable, au professeur de droit, en passant par des fiscalistes ou des avocats en droit social ou en droit des marques. Une interprofessionnalité, que l’étude sait utiliser dans le traitement des dossiers, mais ne compte pas pour l’instant traduire en prise de participation capitalistique. Pour Bruno Cheuvreux, « c’est beaucoup trop tôt. Chaque profession doit se renforcer et faire face aux enjeux de la digitalisation, avant d’envisager une quelconque association ». Cheuvreux réfléchit en revanche à renforcer sa présence à l’international, en premier lieu dans six pays : l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suisse. « Nous avons beaucoup de clients à l’international. Nous voulons accompagner au mieux les investisseurs immobiliers dans leurs projets à l’international et les particuliers ‘expatriés’ dans leurs questionnements à leur retour en France », indique Murielle Gamet, notaire associée.

Transformation digitale. Depuis le 15 mai dernier, Cheuvreux a aussi opéré sa « bascule digitale » avec l’accompagnement de la société Octo Technology, permettant une transversalité de l’échange de données entre les domaines d’activités, et d’éviter le « travail en silo ». Le groupe construit la modernisation du parcours client, c’est-à-dire la digitalisation de la prise de rendez-vous, mais aussi la communication sur l’état d’avancement d’un dossier, « ce qui implique de travailler sur des éléments de langage » communs avec le client.