La semaine de quatre jours refait surface dans l’assurance

Bertrand De Meyer
La CFE-CGC veut démystifier le sujet qui pourrait devenir l’un des enjeux des prochaines élections professionnelles dans la question plus large de la qualité de vie au travail.
(Pexels - Ivan Samkov)

Travailler c’est la santé, travailler quatre jours, c’est la conserver. Bien que concentrée sur l’opposition à la réforme des retraites comme l’ensemble des organisations syndicales, la fédération de l’assurance CFE-CGC jette un pavé dans la mare en dévoilant l’attrait des salariés de l’assurance à une semaine de quatre jours de travail. Le syndicat a mené un sondage portant sur l’hybridation et la qualité de vie et des conditions de travail. Et la conclusion est sans appel, à défaut d'étonner : parmi les 2.000 répondants au sondage, 74,9% des répondants sont favorables à la semaine de quatre jours.

« Avec une question binaire, nous nous attendions à une réponse positive », reconnaît Francky Vincent, président de la fédération CFE-CGC de l’assurance, pour qui il convient dorénavant de se questionner sur les motivations d’une telle volonté. « Il faut mettre en relation ce résultat avec les problèmes de démissions que connaît le secteur. Ce qui sous-tend la réflexion, c’est l’attractivité », poursuit le syndicaliste. Déjà, la CFE-CGC avait lancé une consultation sur le périmètre Matmut à l’automne sous la supervision de son délégué syndical central Frédéric Poichet. Avec 860 réponses, qui témoignent d’un grand intérêt, la fédération a donc étendu la consultation et souhaite « démystifier le sujet pour ouvrir le débat ».

Chantier de réflexion

La semaine de quatre jours est déjà une réalité pour certains salariés du secteur. Outre quelques filiales, Les Mutuelles du Soleil, qui comptent une vingtaine d’agence présentes notamment dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’ont instaurée pour les 250 salariés à compter du 2 janvier 2023 à raison de 32 heures pour les commerciaux et 35 heures pour le personnel administratif sans réduction de salaire. « C’est un vrai facteur d’attractivité et de fidélisation de nos talents » défend son directeur général Claude Leblois au Journal des Entreprises.

Les conditions d’une telle évolution font partie des débats que souhaite ouvrir la CFE-CGC. « Nous allons mettre en place un chantier de réflexion avec les syndicats qui voudraient participer dans l’idée de pouvoir faire des propositions concrètes d’ici l’automne », explique Francky Vincent, qui entend porter, plus globalement, la question des conditions de travail dans la branche. Tout un programme alors que s’annoncent les élections professionnelles en 2023, à commencer par Allianz France dès le 25 janvier.