Entretien avec Baptiste Lambert, manager de Robert Half Financial Services

La rémunération du CGP bancaire, y compris en banque privée, accuse une légère baisse

L'Agefi Actifs. - Quels sont les obstacles rencontrés lors de la réalisation de votre étude de rémunération en gestion de patrimoine ?

Baptiste Lambert. - Il est extrêmement difficile de donner des niveaux de rémunérations sur ces populations car ils sont extrêmement hétérogènes d’une structure à l’autre, au contraire des fonctions supports. Les rémunérations annoncées par nos soins essaient de se rapprocher le plus possible du marché actuel (voir les tableaux). Toutefois, la volumétrie des postes à pourvoir reste moins importante qu’avant la crise. Notre étude porte sur un marché en pleine mutation, à la recherche d’un retour sur investissement rapide. Nos moyennes couvrent entre 50 et 70 % des rémunérations. Il y aura toujours des conseillers en deçà ou au-dessus de ces chiffres.

Vous remarquez une stabilité, voire une baisse des rémunérations …

- Dans la banque de détail, on octroie de moins en moins de part variable depuis 2008-2009. Par conséquent, la part fixe est en légère hausse pour les conseillers clientèle. En revanche, la rémunération du CGP bancaire, y compris en banque privée, accuse une légère baisse. Outre le contexte économique, les établissements bancaires doivent composer avec une concurrence accrue d’internet ainsi qu’avec un niveau d’encours pour entrer en « banque privée » qui a diminué. Une prime à l’expertise est versée aux ingénieurs patrimoniaux qui voient leur rémunération se stabiliser.

Est-ce le même constat pour les sociétés de gestion et en assurance ? 

- Dans les sociétés de gestion, le recul amorcé en 2009 s'est poursuivi et les rémunérations données correspondent au marché sur lequel nous sommes actuellement sollicités. Les profils sont différents : plutôt développeur et junior. Certes, les conseillers perçoivent parfois des parts variables déplafonnées mais ils représentent une partie faible de la profession. Du côté des acteurs de l’assurance, ils nous ont davantage sollicités et ils réajustent leur rémunération fixe sur le niveau des banques notamment et compensent également avec un variable plus élevé. Ce sont des conseillers avec une dimension commerciale plus importante pour lesquels il est normal que la part variable soit plus conséquente.