La lutte contre le blanchiment s’impose au secteur immobilier

L'Agefi
Les autorités vont augmenter la pression sur les professionnels du secteur qui font l’impasse sur leurs obligations de lutte antiblanchiment.

La mise en examen d’un agent immobilier dans le cadre de l’affaire Kerimov, du nom de l’oligarque russe mis en cause pour blanchiment, illustre les risques auxquels s’exposent les professionnels de l’immobilier s’ils ignorent leurs obligations de vigilance. Bien que le secteur soit assujetti à ces exigences depuis 1998, les autorités ont décidé d’augmenter la pression sur le secteur alors que se profile en 2020 l’évaluation de la France par le Gafi. Bruno Dalles, le patron de Tracfin, la cellule de Bercy dédiée à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, a ainsi préfacé un guide réalisé par la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS) pour sensibiliser les agents immobiliers.

« Tracfin a joué son rôle pour sensibiliser les acteurs de la profession alors que la France a déjà été mise à l’index par le Gafi pour l'insuffisante participation des professions non financières et notamment immobilières », explique Yehudi Pelosi, maître de conférence à Sciences Po Paris et co-auteur de l’ouvrage. L’an dernier, 84 déclarations de soupçons ont été transmises à Tracfin de la part d’agents immobiliers, contre plus de 1.000 de la part de notaires. Désormais, « les autorités envisagent de corser le régime de sanctions, en développant par exemple le principe du 'name and shame'», prévient-il. Jusqu’à présent, la commission des sanctions s’est montrée relativement clémente, mais les professionnels auront désormais du mal à plaider l’ignorance.