La gestion de fortune sera la planche de salut d'UBS pour 2009

Malgré une décollecte de 86 milliards de francs suisses au quatrième trimestre, ce pôle verra son poids accru dans le directoire.

La fin d’un âge d’or ou le début d’une renaissance? 2008 est sans doute l’annus horribilis pour la gestion d’UBS. Mais l’établissement helvétique a laissé entrevoir des signes positifs pour l’année en cours, favorablement perçus par le marché. Le titre s’est apprécié de 7,7% hier en séance, pour finalement clôturer en hausse de 5,66% (à 13,63 francs suisses). UBS a enregistré une décollecte nette totale de 86 milliards de francs (57,3 milliards d’euros) pour le seul quatrième trimestre 2008, soit 3% de ses actifs sous gestion (dont le montant a reculé de 18% par rapport au troisième trimestre, à 2.170 milliards), et de 101 milliards pour l’année. Leader mondial dans la gestion de fortune, le groupe a subi 58,3 milliards de francs de retraits dans cette activité à l'international et en Suisse, pour un résultat avant impôt de 712 millions (-36% par rapport au trimestre précédent). Du côté de la gestion d’actifs, la décollecte atteint 27,6 milliards et le bénéfice 179 millions (-43%). Les sorties nettes totales atteignaient 84 milliards de francs au troisième trimestre, dont «seulement» 36 milliards dans la gestion de fortune. Mais la curée pourrait être terminée, grâce à une baisse continue des décollectes. «On note clairement un point d’inflexion au mois d’octobre. C’est la première fois depuis dix-huit mois que le marché perçoit une lueur d’espoir sur le titre, remarque Elie Darwish, analyste chez Exane. Il faut également relativiser l’ampleur des sorties, dont une partie provient du deleveraging des clients d’UBS». Surtout, les dirigeants font état d’un afflux net d’argent sur les deux divisions de la banque en janvier. Quant à un effet négatif de l’affaire Madoff sur ses clients en 2009, le risque reste à évaluer. «Madoff est évoqué et perçu de manière moins défavorable pour UBS en dehors de France», estime un analyste. De fait, les dirigeants considèrent toujours la gestion comme le métier phare de la banque, sur lequel s’appuyer pour la redresser. C’est pourquoi ils ont créé deux divisions dans la gestion de fortune, isolant l’activité américaine et regroupant les autres avec les activités liées à la clientèle entreprise et privée en Suisse. En outre, les dirigeants du pôle seront plus largement représentés au directoire.