La gestion d'actifs doit relever le défi de l'internationalisation

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Si le BCG prend soin de noter qu'il s'agit des meilleurs résultats depuis la crise financière pour la gestion d'actifs, il n'en appelle pas moins les sociétés de gestion à faire preuve de vigilance.

Une satisfaction et très vite une mise en garde. Telle est la teneur de la douzième édition du Boston Consulting Group (BCG) sur la gestion d'actifs publiée hier (*). Au rang des satisfactions, le BCG estime dans son rapport annuel  la valeur mondiale des encours sous gestion en 2013 à 51 700 milliards d'euros, avec des bénéfices pour le secteur en termes absolus à 70 milliards d'euros. Soit seulement 7% de moins qu'avant la crise. Quant aux résultats opérationnels avant impôts, ils représentent 39% des revenus nets en 2013, contre 41% en 2007. 

Si le BCG prend soin de noter qu'il s'agit des meilleurs résultats depuis la crise financière pour la gestion d'actifs, il n'en appelle pas moins les sociétés de gestion à faire preuve de vigilance. Attention au trompe l'oeil ! La progression des encours en 2013 par exemple a été largement imputable à un effet performance. A 1,6% des encours de fin 2012, la collecte nette, bien qu'à son plus haut niveau depuis la crise, ne représente qu'une part modeste de la croissance totale. Par ailleurs, la gestion d'actifs traditionnelle perd partout du terrain, au profit des solutions, des spécialités, des stratégies passives et des produits alternatifs. L'ensemble a capté une part importante de la collecte. En outre, le BCG recense d'autres défis "variés, complexes et couteux" comme les préférences pour les actifs non-traditionnels, les nouvelles réglementations, ou les évolution numériques...

Dans un autre genre, l'étude a pointé de grandes disparités entre les régions et au sein même des zones régionales. "En 2013," indique t-elle, l'écart de croissance des actifs sous gestion s'est creusé entre l'Amérique du Nord et l'Europe, avec une croissance deux fois plus rapide dans la première région (16%) que dans la seconde (7%). Quant à la croissance des actifs sous gestion en Amérique du Nord et en Asie (hors Japon et Australie), elle s'est située autour de 14 à 16% contre en moyenne 8% en Amérique latine et 7% en Europe. Et encore...  Sur le vieux Continent, l'ensemble est loin d'être homogène. Selon le BCG, la croissance des actifs sous gestion est de 10% en Italie et 11% au Royaume-Uni, mais 5% en Allemagne et de 3% en France.

Dans ce contexte,  Hélène Donnadieu, co-auteur du rapport et directrice de projet spécialisée en gestion d'actifs au BCG précise néanmoins que "la gestion d'actifs reste une industrie très rentable". Mais les sociétés de gestion vont devoir relever des défis de taille. L'internationalisation est l'un d'entre eux. "Les gérants doivent être capables de croître en dehors de leur marché domestique, à l'instar des acteurs anglo-saxons qui ont parié sur un développement au-delà de leurs frontières". En chiffres, cette stratégie a permis aux gestionnaires d'actifs au Royaume-Uni de bénéficier d'une croissance de 50% de leurs actifs entre 2007 et 2013, quand leur marché domestique connaissait une augmentation de seulement 32%.

Cela étant, cette internationalisation ne sera pas sans conséquences. Elle nécessite de faire évoluer les plateformes industrielles, les modèles opérationnels ainsi que les infrastructures IT. "Une plateforme globale permettrait de mieux répondre aux besoins des clients en local, de réduire les risques et d'avoir un meilleur rapport coût/efficacité sur le long terme", conclut Benoît Macé, co-auteur du rapport et Directeur Associé au bureau de Paris.

(*) Etude annuelle sur la gestion d'actifs, Global Asset Management 2014: Steering the Course to Growth