Baromètre

La gestion active résiste

L’Agefi Actifs a interrogé Mehdi Rachedi, directeur de la distribution externe France et Monaco chez Natixis
Selon lui, les conseillers, inquiets de la possible remontée des taux, se tournent plus vers la gestion active cette année
DR

Le Natixis Center for Investor Insight a interrogé 2.775 conseillers financiers dans le monde, dont 225 en France, pour recueillir leurs sentiments et ceux de leurs clients face aux marchés. Quels sont les principaux risques identifiés par les conseillers lors de cette enquête ?

Mehdi Rachedi, directeur de la distribution externe France et Monaco chez Natixis Investment Managers. – Nous réalisons tous les ans cette étude auprès des conseillers en gestion de patrimoine (CGP) et, cette année, il est clair que le principal risque de marché qu’ils ont identifié est celui d’une hausse des taux. Ainsi, 60 % d’entre eux considèrent que ce facteur fait partie de ceux qu’ils redoutent pour les mois à venir. Cela se comprend car nous avons connu, depuis janvier, des périodes de fortes volatilité sur les actifs obligataires. Les CGP surveillent les politiques des banques centrales et estiment – à raison – qu’une hausse des taux d’intérêts à court terme pourrait accroître la volatilité sur les obligations (pour 66 % d’entre eux), peser sur le marché de l’immobilier résidentiel (pour 61 %), sur le marché du crédit (pour 60 %), renforcer la volatilité des marchés (59 %) et pénaliser la valeur des actions. Finalement, ils sont bien conscients que des turbulences sur les taux toucheraient la plupart des classes d’actifs. Plus généralement, ils sont inquiets des différentes bulles qu’a pu créer l’afflux de liquidité depuis plusieurs années et qui doit justement se terminer avec la normalisation des politiques monétaires des banques centrales. Enfin, les incertitudes politiques restent présentes dans les esprits des conseillers. Ils sont conscients que ces éléments auront des incidences sur les portefeuilles.

Les clients des conseillers sont-ils conscients de ces risques ?

Pas vraiment, car il ressort de notre étude que la majorité des conseillers constatent que leurs clients sous-estiment ces risques. Mais dès lors qu’ils surviennent (comme cela a été le cas avec le pic de volatilité au début de l’année), ces mêmes clients ont tendance à surréagir. Les conseillers sont aujourd’hui de plus en plus inquiets des réactions émotionnelles de leurs clients. Comme l’année dernière, l’enquête montre que les efforts de pédagogie à mener auprès des clients des conseillers demeurent très importants. Les CGP ont besoin de temps et d’outils pour expliquer aux investisseurs particuliers que les biais émotionnels peuvent parfois coûter très cher en termes de performance.

Quelles sont les conséquences sur les produits utilisés ?

Les conseillers interrogés s’appuient, encore plus que l’année passée, sur les stratégies actives. Ils ont été un peu déçus par les stratégies passives ces douze derniers mois. Ils considèrent, à l’aune de la nouvelle réglementation voulue par la directive Mif 2, que leur valeur ajoutée est aussi de savoir choisir des stratégies actives pourvoyeuses de valeur pour leurs clients. L’année dernière, les conseillers estimaient que les stratégies actives allaient significativement baisser dans leurs portefeuilles, mais elles ont, au contraire, augmenté. Ainsi, elles sont passées de 68 % à 69 % alors que les conseillers interrogés s’attendaient à les voir baisser à 63 %. Pour la France spécifiquement, cette augmentation de la part de la gestion active est encore plus notable puisqu’elle passe de 64 % à 74 % des portefeuilles.

L’année dernière, vous souligniez la montée en puissance des placements alternatifs. Cela est-il toujours le cas ?

Tout à fait. Nous constatons cette année encore l’essor des stratégies alternatives. Et cela pour de multiples raisons. D’abord, pour la décorrélation qu’elles peuvent apporter, ensuite, ces stratégies peuvent servir aux conseillers d’alternative aux fonds en euros d’assurance vie dont les taux ne cessent de baisser. Enfin, elles sont utiles pour faire baisser la volatilité des portefeuilles.

Le Natixis Center for Investor Insight a interrogé 2.775 conseillers financiers dans le monde, dont 225 en France, pour recueillir leurs sentiments et ceux de leurs clients face aux marchés. Quels sont les principaux risques qui ont été identifiés par les conseillers lors de cette enquête ? 

Mehdi Rachedi, directeur de la distribution externe France et Monaco chez Natixis Investment Managers. – Nous réalisons tous les ans cette étude auprès des conseillers en gestion de patrimoine (CGP) et, cette année, il est clair que le principal risque de marché qu’ils ont identifié est celui d’une hausse des taux. Ainsi, 60 % d’entre eux considèrent que ce facteur fait partie de ceux qu’ils redoutent pour les mois à venir. Cela se comprend car nous avons connu, depuis janvier, des périodes de fortes volatilité sur les actifs obligataires. Les CGP surveillent les politiques des banques centrales et estiment – à raison – qu’une hausse des taux d’intérêts à court terme pourrait accroître la volatilité sur les obligations (pour 66 % d’entre eux), peser sur le marché de l’immobilier résidentiel (pour 61 %), sur le marché du crédit (pour 60 %), renforcer la volatilité des marchés (59 %) et pénaliser la valeur des actions. Finalement, ils sont bien conscients que des turbulences sur les taux toucheraient la plupart des classes d’actifs. Plus généralement, ils sont inquiets des différentes bulles qu’a pu créer l’afflux de liquidité depuis plusieurs années et qui doit justement se terminer avec la normalisation des politiques monétaires des banques centrales. Enfin, les incertitudes politiques restent présentes dans les esprits des conseillers. Ils sont conscients que ces éléments auront des incidences sur les portefeuilles.

Les clients des conseillers sont-ils conscients de ces risques ?

Pas vraiment, car il ressort de notre étude que la majorité des conseillers constatent que leurs clients sous-estiment ces risques. Mais dès lors qu’ils surviennent (comme cela a été le cas avec le pic de volatilité au début de l’année), ces mêmes clients ont tendance à surréagir. Les conseillers sont aujourd’hui de plus en plus inquiets des réactions émotionnelles de leurs clients. Comme l’année dernière, l’enquête montre que les efforts de pédagogie à mener auprès des clients des conseillers demeurent très importants. Les CGP ont besoin de temps et d’outils pour expliquer aux investisseurs particuliers que les bais émotionnels peuvent parfois coûter très cher en termes de performance. 

Quelles sont les conséquences sur les produits utilisés ?

Les conseillers interrogés s’appuient, encore plus que l’année passée, sur les stratégies actives. Ils ont été un peu déçus par les stratégies passives ces douze derniers mois. Ils considèrent, à l’aune de la nouvelle réglementation voulue par la directive Mif 2, que leur valeur ajoutée est aussi de savoir choisir des stratégies actives pourvoyeuses de valeur pour leurs clients. L’année dernière, les conseillers estimaient que les stratégies actives allaient significativement baisser dans leurs portefeuilles, mais elles ont, au contraire, augmenté. Ainsi, elles sont passées de 68 % à 69 % alors que les conseillers interrogés s’attendaient à les voir baisser à 63 %. Pour la France spécifiquement, cette augmentation de la part de la gestion active est encore plus notable puisqu’elle passe de 64 % à 74 % des portefeuilles. 

L’année dernière, vous souligniez la montée en puissance des placements alternatifs. Est-ce que cela est toujours le cas ?

Tout à fait. Nous constatons cette année encore l’essor des stratégies alternatives. Et cela pour de multiples raisons. D’abord, pour la décorrélation qu’elles peuvent apporter, ensuite, ces stratégies peuvent servir aux conseillers d’alternative aux fonds en euros d’assurance vie dont les taux ne cessent de baisser. Enfin, elles sont utiles pour faire baisser la volatilité des portefeuilles.