Mécénat social

La Fondation de la deuxième chance mise sur le partenariat

La structure a pour vocation d’accompagner financièrement les personnes en situation de grande précarité - Elle espère aujourd’hui convaincre les intermédiaires patrimoniaux sur des dons défiscalisés.

Créée en 1998 par Vincent Bolloré et Michel Giraud, la Fondation pour la deuxième chance a pour objectif de soutenir les personnes en difficulté (chômage de longue durée, endettement, handicap…) âgées de 18 à 60 ans et qui manifestent une réelle volonté de rebondir. En complément d’aides sociales extérieures, elle leur apporte un appui financier nécessaire pour mener à bien leur projet professionnel. Cette dotation est plafonnée à 8.000 euros pour les créations et reprises d’entreprises, et à 5.000 euros pour les formations.

Afin d’aider le plus grand nombre de personnes, l’impératif de proximité est assuré au travers d’une soixantaine de sites relais répartis sur cinq régions et placé sous la responsabilité d’autant de coordinateurs. « Les charges de structure et de fonctionnement étant supportées directement par le groupe Bolloré, le budget de la fondation est quasi exclusivement destiné aux coups de pouce », précise son directeur général, Michel Giraud.

Une structure basée sur le partenariat.

Appuyée sur un Conseil national des partenaires réunissant plus de 100 grandes entreprises, la fondation a également noué des accords avec de nombreuses institutions sociales. A noter que si 70 % des ressources proviennent du privé, les 30 % restants sont d’origine publique (Fonds social européen, Caisse des dépôts et consignations, Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle…). Seules deux conditions sont imposées aux partenaires : avoir une réelle intention de renouvellement des ressources financières et verser une contribution minimale de 7.700 euros par an. Reconnue d’utilité publique depuis 2006, la fondation bénéficie également des avantages fiscaux prévus par la loi Tepa (dons défiscalisés).

Seule déception, les démarches effectuées auprès des notaires, des gestionnaires de patrimoine, des banques privées et des experts-comptables en matière de ressources privées n’ont toujours pas été couronnées de succès.

Des critères d’admission ciblés.

Pour être soutenu par la fondation, le candidat doit se trouver dans une réelle situation de précarité et porter un véritable projet personnel ou professionnel. Un premier contact s’effectuera tout d’abord avec l’équipe régionale, qui décidera si le dossier répond ou non aux critères sélectifs. Après vérification de sa conformité, le projet est ensuite adressé au délégué de site le plus proche de son porteur, qui mobilisera immédiatement une équipe d’instruction disposant de trois semaines pour établir un rapport complet. Celui-ci est alors transmis au comité d’agréments régionaux qui aura deux semaines pour se constituer un jugement.

Le dossier qui ne fera l’objet d’aucune critique sera directement validé par ce comité, sous l’autorité de son président. En revanche, si son avis diffère de celui rendu par l’équipe d’instruction, le dossier sera communiqué au conseil d’administration qui se réunit tous les deux mois pour prendre ses décisions. Si le projet est accepté, une équipe de parrainage sera immédiatement mobilisée par les délégués régionaux pour venir en aide à la personne en difficulté. « Cet aspect humain et cette proximité nous assurent un taux d’échec très faible », relève Michel Giraud.