La fintech WeCanGroup fait de l’oeil aux acteurs de la gestion en France

Pauline Armandet
La société permet aux gérants et aux banques d’échanger des informations sur la clientèle. Elle équipe notamment Lombard Odier et Edmond de Rothschild.
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Son credo : rien n'est impossible ! La société suisse WeCanGroup poursuit son expansion en France. Fondée en 2015, la société a lancé il y a un an une solution décentralisée permettant aux gestionnaires d'actifs d’échanger avec leurs banques dépositaires des informations sur la conformité (compliance) de leur clientèle. Elle revendique 13 banques privées clientes, dont Lombard Odier et Edmond de Rothschild, ainsi que 74 gérants de fortune indépendants. Son logiciel a été sélectionné par le Swave, lui permettant de rejoindre leur programme d’incubateur de fintechs cette année.

Son objectif ? Répliquer en France sa solution auprès d’acteurs institutionnels comme la Banque de France et la Société Générale, avec qui elle va collaborer. Le choix de ces deux partenaires n’est pas le fruit du hasard. Il y a deux ans, l'institution et la banque française avaient travaillé sur une solution basée sur la blockchain, permettant de contrôler les données de compliance de leurs clients finaux. Mais elles se sont heurtées à quelques difficultés : appréhender la blockchain, aligner les intérêts d’acteurs en concurrence ou encore gérer le règlement européen sur la protection des données.

WeCanGroup propose une solution tout-en-un. La société travaille déjà avec une dizaine de partenaires institutionnels de Swave, à l’instar de AG2R La Mondiale, la Matmut ou encore Mastercard. « Le fait d’avoir la Banque de France comme partenaire permettra à nos clients d’utiliser plus rapidement notre solution », explique Vincent Pignon, directeur général de WeCanGroup, qui espère un déploiement d’ici la fin de l’année. La fintech gère des données de compliance pour plus de 100 milliards d’euros d’actifs sous gestion. « Notre ambition est de pouvoir le faire pour une nouvelle typologie de clients comme des assets managers. Nous travaillons par exemple sur des trusts », précise son patron. « Nous voulons commencer à nous diversifier et à sortir de l’industrie bancaire, nous nous intéressons notamment au luxe et à des activités de notaires et d’avocats, qui font face à des problématiques de gestion de leurs données », poursuit Vincent Pignon.

La société a réalisé une levée de fonds de 3,4 millions d’euros, qui s'ajoute à une première collecte de 3 millions d’euros il y a 3 ans. La fintech, qui vient d’ouvrir un bureau à la Défense et compte 16 collaborateurs, prévoit d'autres recrutements.