La fintech européenne s’unit pour peser sur le futur plan d’action de Bruxelles

Mathieu Solal, à Bruxelles
Alors que la fin d’année s’annonce chargée d’enjeux pour le secteur, 21 fintech ont lancé hier la European Fintech Association (EFA)

Vingt et une entreprises de la fintech européenne ont lancé officiellement hier la European Fintech Association (EFA) avec pour ambition de «forger un véritable agenda politique pour les services financiers numériques». EFA est le produit de la fusion des associations EFAlliance et FinTechs4Europe. Le nouveau lobby regroupe des entreprises de toutes tailles, proposant des services numériques dans des secteurs tels que les paiements, la vérification d’identité ou encore les crédits.

EFA est composé des groupes Serrala Solutions (anciennement AcceptEasy), Billie, Elinvar, Finleap, Funding Circle, Kantox, Kontist, Mintos, Moneyfarm, N26, Raisin, Satispay, Scalable Capital, SolarisBank, Tink, TransferWise, Truelayer, Verimi, Viafintech, Wirecard et Zalando payments.

«Les entreprises de fintech proposent des services et des produits répondant à des besoins importants, transparents et compréhensibles, mais ne se sont pour l’instant pas suffisamment fait entendre au niveau politique européen», explique Marque Roberts, qui dirige l’association.

Concrètement, EFA entend plaider pour un marché unique des services financiers en luttant contre la fragmentation dans l’application des directives contre le blanchiment d’argent et contre la «discrimination aux IBAN» tout en promouvant une approche centrée sur le client.

La nouvelle association cherchera à peser sur le plan d’action sur la fintech accompagné d’une proposition législative concernant les cryptoactifs et la cyber-résilience qui doivent être dévoilés cet été par la Commission européenne (CE). Bruxelles a ouvert jusqu’au 26 juin une consultation publique sur la fintech à laquelle EFA répondra prochainement.

Sans attendre la CE, le Parlement européen a déjà débuté ses travaux sur le secteur. Le député tchèque Ondrej Kovarik, du groupe libéral Renew Europe a ainsi publié un projet de rapport sur le sujet. Il préconise notamment de mettre en place une taxonomie sur les cryptoactifs pour donner une définition commune aux différentes activités. 

Cette taxonomie permettrait que soit respecté le principe «même activité, mêmes risques, mêmes règles». L’eurodéputé insiste aussi sur la nécessité de neutralité technologique dans les futures règles, et suggère à la CE de plancher sur un cadre pour l’intégration numérique.