Société de gestion

La Financière de Champlain se diversifie sur le non-coté

La société de gestion, connue pour ses fonds d’actions environnementaux, propose cette année son premier FCPI ISF. Plutôt que de gérer le produit en interne, le gestionnaire a préféré faire appel à Siparex, une société spécialiste du non-coté.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec une baisse des encours de ses OPCVM de plus de 60 % en douze mois pour arriver à 168 millions d’euros sous gestion fin février, l’année passée a été particulièrement difficile pour la Financière de Champlain. Son orientation délibérément « verte » n’y a rien changé : ses fonds ont souffert comme les autres de la chute des marchés. Cette période a été d’autant plus pénible pour le gestionnaire que ce dernier est presque exclusivement centré sur les actions. La société, dont les actionnaires sont exclusivement les fondateurs et les salariés, cherche cependant à rassurer : « Notre structure financière est saine - pas endettée - et profitable. S’il est vrai que nos encours ont baissé, la plupart de nos frais sont variables et ont donc été réduits », précise Vincent Arnaud, directeur général et directeur financier de la société.

Aujourd’hui, la Financière de Champlain cherche à diversifier son activité en lançant son premier fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI). Ce produit, géré par Sigefi Private Equity, une société du groupe Siparex bien connue des investisseurs institutionnels, sera éligible au dispositif permettant au souscripteur de déduire une partie de son investissement de son impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Engagement durable.

Bien que la Financière de Champlain ait délégué la gestion de ce nouveau produit, ce dernier répondra à l’orientation naturelle du gestionnaire sur l’environnement et la santé. C’est en effet la Financière de Champlain qui fixe en amont les secteurs sur lesquels le FCPI sera investi et intervient au niveau des dossiers. « Nous apportons à Sigefi notre expertise sur des secteurs que nous connaissons bien comme la santé et l’environnement. Nous les aidons aussi à appréhender certains aspects réglementaires de ces thématiques qui peuvent donner des pistes d’investissement. Enfin, nous leur soumettons des dossiers qui nous parviennent directement », explique Bathélemy Renaudin, gérant à la Financière de Champlain.

Ouverture. Même si les objectifs de collecte sur ce produit restent modestes (à peine plus de 10 millions d’euros sont prévus pour cette année), cette nouvelle orientation vers le non-coté permettra au gestionnaire d’être peut-être moins sensible aux variations du marché.

La société réfléchit d’ailleurs à d’autres produits de diversification et cultive davantage une image liée à l’environnement et au développement durable plutôt que l’image d’un gestionnaire uniquement centré sur les actions. Même si, sur cette classe d’actifs, Jean-François Descaves, le président de la Financière de Champlain, se veut encore une fois confiant en déclarant sur son site internet que « l’environnement est aujourd’hui au cœur de tous les plans de relance (…). Si le timing n’est pas encore connu, une chose est sûre, c’est que l’expertise que nous avons accumulée ces quatre dernières années sera un atout déterminant pour sélectionner les acteurs susceptibles de profiter durablement de ce momentum ». Reste à vérifier si, après le début d’année catastrophique sur ces actifs, les investisseurs suivront.