La Fédération française de l’assurance fait sa mue à l’approche des élections

Sous son nouveau nom France Assureurs, l’organisme sort une plateforme présidentielle en espérant peser dans le débat public.
(Pixabay)

Fédération Française de l’Aéronautique, de l’aviron ou de l’apéritif. C’est pour éviter la confusion avec ces associations que la Fédération française de l’assurance débute l’année 2022 sous un nouveau nom d’usage, France Assureurs. Un changement qui s’accompagne du déploiement d’une plateforme présidentielle, destinée à peser dans les débats pré-électoraux. «C’est un temps fort pour les fédérations professionnelles en matière de propositions, d’influence des équipes de campagne mais c’est aussi le moment de tous les dangers car les propositions les plus farfelues peuvent émerger», abonde Florence Lustman, présidente de France Assureurs lors d’une conférence de présentation. Une façon de dire que la bataille sera rude sur certains sujets, à commencer par l’assurance-vie comme niche fiscale, attaquée par de multiples rapports sur la fiscalité des transmissions en 2021. Le dernier en date, celui du Conseil d’analyse économique, envisageait la suppression de l'avantage fiscal. 

La fédération est en train de préparer sa contre-attaque. Sur les sept livres blancs prévus pour enrichir le contenu de la plateforme – dont deux, sur la dépendance et l’assurance santé, sont déjà sortis – l’un sera centré sur le sujet. «Ce livre, qui sortira bientôt, apportera des éléments objectifs sur l’intérêt du contrat d’assurance vie, grand produit de confiance des Français», martèle Florence Lustman. Un autre vient d’être publié concomitamment avec la présentation de la plateforme, «Réussir la transition écologique et renforcer la résilience face aux défis climatiques».

La transition environnementale et sociale sera l’un des trois thèmes autour desquels les propositions de France Assureurs sur la plateforme s’articuleront, avec la relance et la souveraineté économique, et la protection sociale. Le site sera alimenté par les «notes de position» de la Fédération et les apports des internautes qui, à la manière d’un réseau social, pourront liker ou disliker les contenus et faire leurs propres propositions. France Assureurs entend ainsi réussir là où la FFA a échoué, et sait que redorer son blason auprès du grand public - écorné par l’indemnisation des pertes d’exploitation lors de la crise sanitaire - nécessite de fidéliser son audience. «67% des visiteurs consultent une page puis quittent le site, concède Florence Lustman. Ils se renseignent donc de manière très ponctuelle sur une information.» Si la patronne de France Assureurs ne se prononce pas encore sur la pérennité de la plateforme une fois l’élection passée, elle a assuré que les contenus produits seraient réutilisés.