La démographie française confirme les inquiétudes sur les retraites

Corentin Chappron
Le solde naturel est à son plus bas niveau depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les données sur la population française, publiées mardi par l’Insee, viennent confirmer les scénarios les plus pessimistes pour la réforme des retraites. En 2022, la population a progressé de 0,3%, à 68 millions d’habitants. Les naissances, qui avaient rebondi en 2021 après six années de chute, ont repris leur tendance à la baisse, tombant à 723.000. En parallèle, le nombre de décès progresse, à 667.000 personnes, contre 662.000 en 2021, des chiffres historiquement élevés. Résultat, le solde naturel atteint son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale à +56.000 personnes, que le solde migratoire (+161.000 personnes) compense en partie. Dernier facteur à prendre en compte dans le cadre de la réforme, l’espérance de vie stagne à 85,2 ans pour les femmes et 79,3 ans pour les hommes, inférieure, dans les deux cas, de 0,4 an par rapport à son niveau d’avant Covid.

La question est d’importance. Dans ses projections réalisées en 2022, le Conseil d’Orientation des Retraites estimait que les tendances démographiques représenteront un surcoût équivalent à 0,8% du PIB pour le système de retraites en 2060. Aujourd’hui, 10,6 millions de Français ont 70 ans ou plus, un chiffre qui pourrait progresser de 5 millions d’ici à 2070, selon des projections de l’Insee réalisées en juin dernier. A l’inverse, les adultes de moins de 60 ans (37,9 millions) seraient 5 millions de moins. De quoi faire chuter le nombre de cotisants par retraité à 1,5, contre 1,7 aujourd’hui.