Family office

La définition du métier à la discrétion des acteurs

L’Association française des family offices fête ses quinze ans
Dans un guide, elle rappelle les différences entre un family office et un CGP
DR, Jean-Marie Paluel-Marmont, président, Affo

Qu’appelle-t-on un family office (FO) ? L’emploi de cette appellation n’est pas réglementé, ce qui laisse libres les intervenants de la Place qui sont de plus en plus nombreux à se définir en tant que tel. Certains FO pourraient tout aussi bien avoir la casquette de conseiller en gestion de patrimoine (CGP). D’ailleurs, les statuts qu’ils utilisent – tels que le statut de conseiller en investissement financier – sont également employés par les CGP (lire l’encadré).

Le FO selon l’Affo.

L’Association française du family office (Affo), qui fête cette année ses quinze ans d’existence, vient de publier un Guide pratique destiné à mieux faire comprendre le rôle des FO auprès des familles. Selon sa propre définition du FO, il s’agit d’« une organisation de personnes, qui offre un conseil et des services aux familles au bénéfice de leurs intérêts patrimoniaux. Le FO a donc pour objectif principal la préservation de l’harmonie familiale dans une vision à long terme, transgénérationnelle ». 

Deux autres conditions sont nécessaires : la transparence de la rémunération basée sur la facturation d’honoraires de conseils et des rétrocessions de commissions qui ne doivent pas dépasser 30 % du chiffre d’affaires, et être le chef d’orchestre des intérêts de la famille. « Ce sujet de transparence d’honoraires ne se pose pas pour un monofamily office dont les membres sont des salariés de la famille. Cette transparence, qui seule permet un alignement total des intérêts des familles, est un élément essentiel de différenciation entre les différents acteurs qui proposent des services financiers aux familles », indique Jean-Marie Paluel-Marmont, président de l’Affo. 

La structure de rémunération est une des raisons pour lesquelles l’Affo n’accepte pas certains multifamily offices dans son association, l’Affo considérant ces structures comme davantage pourvoyeuses de produits qu’acheteuses pour le compte de leur client. L’association, qui compte une cinquantaine de FO parmi ses membres, n’a pas souhaité communiquer sur la répartition de l’effectif entre « mono » et « multiFO ». A noter que des acteurs de la Place regrettent que certains multifamily officers abusent de ce qualificatif, estimant qu’ils ne seraient en réalité que des « CGPI de luxe ».

Quid de la démocratisation des FO ?

S’agissant du mouvement de démocratisation de l’accès aux FO, revendiqué de plus en plus par certains multifamily offices tels qu’Agami (L’Agefi Actifs n°663, p. 12) ou Fair/e (L’Agefi Actifs n°691, p. 14), Jean-Marie Paluel-Marmont souhaite rappeler que l’activité de FO « a un coût, l’expérience prouvant que l’intervention d’un FO correspond habituellement à un montant minimum d’actifs d’environ 20 millions d’euros ». 

Laurent de Swarte, directeur général d’Agami – un « multiFO » d’une trentaine de collaborateurs qui n’est pas membre de l’association – revendique une vision différente du FO : « Si nous sommes d’accord avec les trois conditions majeures avancées par l’Affo, nous pensons cependant que l’honoraire de conseil ne doit pas représenter un pourcentage des actifs mais doit découler de la valeur véritable du conseil apporté. Ainsi, un client qui possède un patrimoine inférieur à 15 millions d’euros pourra être davantage facturé qu’un client très fortuné. Ce raisonnement permet d’aller chercher davantage de clients. En outre, nous pensons que l’importance de la taille du FO, et nous sommes trente aujourd’hui, permet d’assurer une large palette de services. »