La culture MIF2 se diffuse chez les conseillers clientèle de banques

L’AMF note une amélioration à l’occasion de ses dernières «visites mystères». Avec toutefois des lacunes sur la présentation des frais et du document d’information clé.

Par L’Agefi Quotidien. - Des progrès et encore des insuffisances. Tel est le constat dressé par l’Autorité des marchés financiers sur la mise en œuvre de la réglementation européenne MIF2 au sein des réseaux bancaires, dans sa dernière Lettre de l’observatoire de l’épargne. Le gendarme des marchés s’est livré de décembre 2018 à février 2019 à des «visites mystères», au cours desquelles deux profils d’épargnants se sont présentés aux guichets : l’un «risquophobe» et l’autre «risquophile», chacun cherchant à placer 70.000 euros.

«La majorité des établissements ont revu leurs pratiques pour s’adapter aux nouvelles exigences de MIF2, et la découverte des clients par les conseillers s’est améliorée depuis les précédentes campagnes», qui dataient de 2015, conclut l’AMF. L’Autorité juge globalement satisfaisante la manière dont les conseillers clientèle s’informent sur la situation financière des prospects et sur leurs objectifs (horizon de placement, projets…) avec toutefois un bémol pour la tolérance au risque.

En revanche, «l’expérience et les connaissances financières des visiteurs mystères ont peu été questionnées par les conseillers», note l’AMF. Un conseiller sur cinq a même demandé aux prospects risquophobes d’évaluer eux-mêmes leurs connaissances en matière financière, «ce qui ne constitue pas une pratique recommandée».

A l’issue de ce questionnaire, les propositions de placement financier ont été plus nombreuses en 2018 (3,6 par entretien) qu’en 2015 (3,1). Dans ce domaine, le classicisme règne. L’enveloppe fiscale de l’assurance-vie est proposée spontanément par 90% des conseillers. Plus de la moitié des conseillers ont aussi proposé un PEA ou un compte-titres au visiteur mystère risquophile et un tiers au visiteur mystère risquophobe, contre 35% et 23% respectivement en 2015. Les instruments financiers les plus souvent préconisés en 2018 ont été les supports investis dans l’immobilier, comme les SCPI et les OPCI.

Du coté des lacunes, l’AMF souligne que les documents d’information clé ne sont pas encore entrés dans les mœurs. Ils «n’ont été remis au nouveau client, le plus souvent lors des ouvertures de compte, que dans 1 cas sur 5 environ. Il s’agit pourtant d’une obligation réglementaire.» Quant aux frais liés à l’assurance-vie, au PEA ou aux instruments financiers, plus de la moitié des conseillers omettent de les présenter…