La clé de 18

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« Qui se souvient du nom du ministre de la Culture ayant succédé à André Malraux ? », s’était interrogé il y a quelques années un homme politique pour rappeler, un peu méchamment, qu’il est difficile de s’illustrer lorsque l’on prend la suite d’une grande personnalité. Eh bien, il en va de même pour les années. Après l’exceptionnel exercice 2016 qui aura vu entre autres une grande nation choisir de quitter l’Union européenne, ou l’arrivée d’un personnage haut en couleurs à la tête de la première puissance mondiale, l’année 2017 aura pu paraître plus terne. A quelques exceptions près cependant dont les échéances électorales en France – et leur campagne – ou l’embellie économique dans la zone euro, ce qui n’est tout de même pas rien.

On devrait d’ailleurs se méfier de ces « années charnières ». Car sans avoir été spectaculaire, 2017 a fait le lit d’une année 2018 qui pourrait être clé. Sans faire d’inventaire à la Prévert, les exemples ne manquent pas. En France, des évolutions majeures vont concerner dans quelques jours le domaine de l’épargne et de fait les patrimoines des ménages et leur gestion. On pense naturellement à la fiscalité avec la suppression de l’ISF ou la très médiatique flat tax dont l’entrée en piste est venue. On pense également à la volonté d’harmonisation de l’imposition de produits de même nature, comme les produits d’épargne retraite. Mais l’on se réfère également aux volontés de parlementaires avisées sur le sujet, de « renverser la table » en n’utilisant plus la fiscalité comme un moyen d’orienter l’épargne des Français. Plus que des produits réglementés, il serait désormais question d’inciter les banques à proposer un « panier d’actifs » incluant des sommes investies en actions pour les PME-ETI. A l’impossible nul n’est tenu, mais la tâche sera rude tant les épargnants semblent avoir durablement intégré la donne fiscale dans leurs comportements. Et les Français ont leur préférence en matière de classes d’actifs. Même taxée par l’IFI, la pierre a ses inconditionnels. Au point que la faiblesse des taux de crédit aidant, il sera bon de surveiller si pour certains secteurs ou certaines zones, l’environnement n’est pas propice
à la formation de bulles.

Dans un autre genre, du côté des marchés d’actions, il faudra voir comment ces derniers vont réduire la voilure l’an prochain après des progressions à deux chiffres cette année. Enfin, last but not least, sur le plan réglementaire, 2018 sera cruciale avec l’entrée en vigueur des directives européennes MIF 2, DDA et Priip.

Le compte est-il bon ? Ce serait faire fi d’événements tels que les échéances électorales, notamment en Europe, comme les législatives en Italie en mars, ou encore de ces évolutions géopolitiques qui peuvent modifier le cours d’une année. Retenons donc que 2018 affiche un potentiel de surprises important. Suffisamment pour que nous ne boudions pas cette traditionnelle accalmie qui se profile. Alors que s’ouvre la trêve des confiseurs, toute l’équipe de L’Agefi Actifs en profite pour vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année et vous donne rendez-vous... en 2018.