Grand prix du patrimoine experts certifiés 2017

La certification se renouvelle et s’impose

Deux nouveaux prix ont fait leur apparition cette année, qui saluent le travail des conseillers spécialistes et des conseillers indépendants
Le taux de réussite à l’examen de la certification est un nouveau record en dépit de sa difficulté dans un environnement de plus en plus complexe  
Nicolas Kalogeropoulos

Des nouveaux et du nouveau pour cette nouvelle édition du Grand prix du patrimoine Experts certifiés. Autant dire que la cérémonie de remise des prix qui s’est tenue le 29 janvier dernier au Cercle de l'Union interalliée à Paris, partie visible du partenariat qui lie L’Agefi Actifs à l’Association des conseils en gestion de patrimoine certifiés (CGPC) depuis 14 ans, était attendue avec impatience. Et ce d’autant que dans l’assemblée, se trouvaient également – une fois n’est pas coutume – des conseillers en gestion de patrimoine désireux d’obtenir des informations sur la certification.

Côté nouveaux, ce sont naturellement les primés du Grand prix du Conseil en gestion de patrimoine certifié 2018 venus chercher leurs récompenses qui ont composé le gros du bataillon. En tenant compte des ex-aequo sur les podiums, ce sont 23 récompenses qui ont été attribuées. Mais pour la première fois, deux prix sont venus s’ajouter, qui ont élargi le cercle des récompensés. La première nouvelle distinction est dédiée aux spécialistes. Au travers d’un Grand prix Certifié spécialisé, il est désormais question de saluer « ceux qui souhaitent pouvoir offrir un conseil spécialisé en investissement financier, en investissement immobilier ou en protection sociale », a rappelé Raymond Leban, qui préside CGPC. Quant à la seconde distinction, un Grand prix Certifié indépendant, il a pour vocation de saluer « l’effort particulier que les indépendants doivent réaliser pour préparer et obtenir leur certification par rapport à des conseillers salariés qui sont préparés par leur entreprise dans des conditions moins tendues », a ajouté Raymond Leban. En ajoutant donc quatre primés, et en tenant compte des multirécompensés, ce sont en tout 19 personnes qui sont venues chercher un prix des mains des quatre partenaires de la cérémonie, Allianz, Maaf, CNP Assurances et GAN, auxquels s’est ajoutée cette année la société Theseis, une plateforme pour les professionnels des métiers du patrimoine. Une occasion pour ces lauréats d'évoquer l’importance de cette certification, son exigence et les retombées qu’ils pouvaient en attendre.

Pour appréhender l’investissement temps-travail que nécessite la certification, le président de CGPC a tenu à rappeler durant la soirée les connaissances exigées pour faire partie des heureux élus. Leur acquisition s’effectue dans cinq champs de connaissance, le juridique, le fiscal, l’économique et financier, le social et le réglementaire, et enfin le champ du savoir-faire. A chacun des six unités de valeur (UV) correspond une connaissance. En ce qui concerne l’environnement juridique du patrimoine (UV1), il s’agit ici de s’assurer de la connaissance des fondamentaux régissant la vie juridique de la personne prise en compte, et de la maîtrise des règles de droit entourant les biens, du fait des inévitables mouvements du patrimoine. Dans le cadre de l’environnement fiscal du patrimoine (UV2), il est question des règles fiscales dans ces grands principes indispensables pour faire preuve de pédagogie face au consommateur épargnant. Et ce d’autant que flat tax et autres IFI sont venus modifier lourdement la donne cette année. Dans un autre genre, la maîtrise de l’environnement économique et financier du patrimoine (UV3) est également au programme car elle impose une bonne connaissance des clés du fonctionnement de l’économie réelle et financière et les comportements en découlant, afin, in fine, de proposer des allocations d’actifs adaptées. Consacrée à la prévoyance, la retraite et l'assurance vie, l’UV 4 impose d’une part la connaissance des régimes de protection sociale, de retraite et d’assurances collectives d’entreprise, obligatoires et facultatifs, et d’autre part la maîtrise des règles techniques, juridiques et fiscales des assurances de personnes. Enfin l’UV 5 traite de la réglementation et de la déontologie autour des activités exercées par le CGP qui sont régies par des règles spécifiques définissant des statuts de conseil en investissement financier (CIF), d’intermédiaire d’assurance (IAS), d’intermédiaire en opération de banque et en service de paiement (IOBSP) et d’agent immobilier, etc. Quant au dernier UV (UV6), baptisé Diagnostic et synthèse patrimoniale globale, il se présente comme le « moment clé » selon les termes de Raymond Leban : « le candidat doit montrer qu’il sait mettre en œuvre le processus de conseil normé en six étapes conduisant à des préconisations personnalisées et suivies et, sur le cas patrimonial qui lui est proposé, et mobiliser les connaissances techniques utiles pour que lesdites préconisations soient pertinentes et adéquates ».

Compte tenu de l’engagement que nécessite un tel examen, et aussi de sa difficulté, les candidats ont appris l’an dernier de ce que la certification CFP/CGPC jouissait désormais d’une reconnaissance « académique » européenne et française au niveau 7 du European Qualifications Framework (EQF). Autrement dit, les reçus ont obtenu le titre de conseiller en gestion de patrimoine inscrit au RNCP au niveau I, qui est celui du master (bac+5). « Pour obtenir le titre, il faut principalement réussir aux épreuves de l’UV6 de notre certification, c’est-à-dire montrer que l’on est capable d’une part de résoudre un cas réel de gestion de patrimoine, d’autre part d’écouter un client, le comprendre et lui transmettre des messages appropriés », expliquait lors de la convention au mois de juin 2017 le président de CGPC.

Restait pour cette édition 2018 à déterminer le profil des gagnants de la soirée et, en particulier, leur environnement professionnel. A l’évidence, les réseaux d’assurances n’ont pas fait dans le détail. Sur les différents podiums, Maaf a vu un de ses membres être cités quatre fois sur la plus haute marche des six unités de valeurs contribuant à désigner le grand gagnant de l’édition. Fort de ce classement, le mutualiste voit ce salarié occuper la plus haute marche du podium dans la catégorie reine du conseil en gestion de patrimoine certifié. A noter qu’un autre salarié du réseau a pris la troisième place du podium de l'UV 5. A côté de Maaf, Allianz a été l’autre assureur en forme de cette édition. Non seulement il place un membre de son réseau sur la plus haute marche du nouveau Grand prix certifié spécialisé, mais il occupe seul les trois marches du podium de l’UV 4. A cela s’ajoutent la deuxième place du Grand prix conseil en gestion de patrimoine certifié, les deuxième et troisième places de l'UV 1, une première et une troisième place à l’UV 2, deux ex-aequo à la deuxième place dans le cadre de l’UV 3 et enfin les deuxièmes et troisièmes places des UV 5 et 6. Pour sa part, on notera que CNP Assurances a joué « placé » et n’a donc pas démérité. L’assureur prend la troisième place du Grand prix Conseil en gestion de patrimoine certifié, occupe les deuxième et troisième place du Grand prix certifié spécialisé et prend les deuxièmes et troisièmes places des UV 2 et 3. Dans ce panorama pour le moins compact, on notera cependant que la première place de  la prestigieuse UV 6 a été obtenue par un membre du réseau Fiducial Conseil. Avec un tel tableau, c’est peu de dire que les responsables des réseaux qui sont montés sur l’estrade ont, micro en main, fait part de leur satisfaction. Non sans souligner les sacrifices que les primés de leurs réseaux ont dû consentir en termes de temps pour parfaire leurs connaissances, ils ont également souligné le bénéfice de la certification pour la qualité de leurs équipes, leurs compétences et la confiance qu’ils en tirent de la part de leurs clients.

Même s’il convient de ne pas généraliser le poids des réseaux, il ressort que selon les données de CGPC, ces derniers n’ont jamais été aussi bien représentés. Sur les plus de 1.800 membres que compte l'association, les réseaux salariés représentent 79 % de l'ensemble, contre 21 % de libéraux. A titre de comparaison, ces chiffres étaient respectivement de 77 % et 23 % l'année dernière et de 74 % et 26 % il y a deux ans. Le décor étant planté, on retiendra cette année que sur les 107 inscrits à l'édition 2018, ils étaient 97 salariés et 10 indépendants. Avec un taux de réussite qui a repris sa progression par rapport à l’an dernier. De 74 % en 2017 au terme des deux sessions requises, il est passé à 75,7 %, soit 81 reçus. Quant aux Conseil financier certifié CGPC et les Conseil en protection sociale certifié CGPC, leur taux de réussite ont été cette année de 75 % et de 67,9 %.


CGPC en bref

180.000 affiliés dans le monde (26 pays)

6.210 candidats depuis sa création en 1998

Environ mille certifiés ont demandé l'ISO 22222

Plus de 1.873 adhérents à ce jour


Les lauréats 2018

Le lauréat du Grand prix Certifié indépendant

Yannick Noilhetas, 43 ans, chargé de mission

Pari gagné pour Yannick Noilhetas qui, soucieux de parfaire et mesurer ses connaissances dans le domaine de la gestion de patrimoine, aura réussi l’examen de la certification, et aura été le premier lauréat de la nouvelle catégorie primée, celle des certifiés indépendants. Son mérite est d’autant plus grand que son activité actuelle n’est pas liée à la gestion de patrimoine et ne lui laisse que peu de temps pour s’y consacrer pleinement : il travaille comme chargé de mission à l’international sur le marché des entreprises dans un groupe bancaire français. Titulaire d’un DESS Affaires internationales et d’un master en International Business obtenu à Londres, Yannick Noilhetas, âgé de 43 ans, en convient aisément : son activité actuelle est « assez éloignée de la gestion de patrimoine ». Cela étant, soucieux de préparer une seconde partie de carrière professionnelle dans cet univers, il a franchi le pas en janvier 2017 en débutant un MBA en Ingénierie et gestion de patrimoine à l’Ecole supérieure d’assurances pour passer peu de temps après l’examen de CGPC. « La certification CGPC procure plusieurs avantages comparatifs », explique le lauréat : « elle est gage de professionnalisme grâce à la norme ISO 22222 et l’obligation d’actualiser ses connaissances chaque année en réalisant un minimum d’heures de formation. Elle donne une réelle légitimité dans un domaine d’expertise vaste et complexe et ce tant auprès de ses pairs que des clients ». En attendant, pour réussir l’examen, Yannick Noilhetas l’affirme : « C’est un examen complet mais assez exigeant qui nécessite des connaissances techniques dans différents domaines et donc de bien s’y préparer »

.

Le lauréat du Grand prix Conseil en gestion de patrimoine certifié

 Johan averimoutou, 34 ans, conseiller financier, Maaf

A la Maaf, la certification se passe dès la troisième année, et Johan Saverimoutou pointe l’intérêt de ce mode de fonctionnement. Pour l’expertise acquise, pour ses clients et pour la formation au long cours, cette certification est un atout indéniable, d’autant qu’elle est reconnue dans le domaine de l’assurance à l’étranger. Cela étant, le lauréat du conseil en gestion du patrimoine certifié 2018, fort des quatre UV sur six où il est arrivé premier, compte mettre à profit son expertise patrimoniale en assurant également des responsabilités en matière de formation de jeunes conseillers au sein de la Maaf. Avec une préférence nette pour la finance et l’activité des marchés. Une passion qu’il sait transmettre : en assurance vie, le nombre de ses clients ayant franchi le pas en matière d’unités de compte est supérieur à ses objectifs... 34 ans, Johan Saverimoutou l’admet, son parcours est atypique. Sa formation d’ingénieur ne lui a pas réellement servi puisque très vite, bien plus attiré par la finance que par les sujets techniques, il a étoffé son CV d’un master obtenu à la Neoma Business School à Rouen. Après avoir évolué deux ans au sein d’un cabinet indépendant spécialiste de produits de défiscalisation, puis un an chez BNP Paribas en tant que conseiller patrimonial, il a rejoint il y a quatre ans Maaf. « Pour un poste de conseiller financier très différent de celui occupé dans la banque », précise-t-il. Il trouve ainsi la fonction beaucoup moins généraliste, nettement plus axée vers les placements financiers et la prévoyance, de telle façon qu’il compare son poste à celui d’un banquier privé.

 

Le lauréat du Grand Prix Certifié spécialisé

Sonia Canneau, 35 ans, conseiller spécialisé prévoyance, Allianz

Titulaire d’un BTS Compabilité et gestion, Sonia Canneau admet volontiers que sa formation universitaire n’aura jamais été utile à sa carrière. Beaucoup plus en revanche ses premières expériences professionnelles, dont au Crédit Agricole au service Clients, service qualité et enquête satisfaction. « Cela m’a aidé à bien gérer la relation avec la clientèle et à prendre le recul nécessaire », précise la jeune conseillère, aujourd’hui âgée de 35 ans. La clientèle justement, elle l’a découvre en 2007 chez Allianz – AGF à l’époque – en devenant conseiller en gestion de patrimoine. Cinq ans plus tard, sa carrière prend alors un nouveau virage. Par goût. Tout en appréciant le contact avec les clients et sa fonction résolument « terrain », elle est nettement plus attirée par la prévoyance. Elle devient alors conseiller spécialisé protection sociale, et conseille et vend des produits de prévoyance auprès des professions commerciales et des artisans. Dans ce contexte, avec ses bons résultats, encouragée par ses pairs, elle sera volontaire pour passer la certification l’année dernière. Lauréate pour ce premier prix, Sonia Canneau explique qu’elle en tire beaucoup de fierté auprès des autres professions qui gravitent dans le monde de la gestion de patrimoine et qu’elle côtoie – comme les notaires ou les experts-comptables. Cela étant, la jeune conseillère désormais Certifié CGPC Protection sociale reconnait volontiers que grâce à cet examen et aux sacrifices consentis, elle a acquis des connaissances qui peuvent constituer un véritable atout dans sa carrière. Un vrai retour sur investissement en somme.