Assurance

La Carac déploie sa gamme pour le « bien vieillir »

Ouverte à tous les particuliers, la mutuelle conserve une approche de développement affinitaire avec son propre réseau
Elle joue sur la fibre de l’épargne solidaire et travaille à une offre originale pour les seniors et les personnes dépendantes
DR, Jean-Nicolas Grzybowski, responsable du développement commercial, et Bernard Altariba, directeur des adhérents

Fondée au lendemain de la première guerre mondiale, en 1923, l’histoire de la Carac se confond tout au long du XXe siècle avec celle de la Retraite mutualiste du combattant (RMC). Cette formule de constitution de rente, assortie d’un avantage de l’Etat, a été le moteur du développement de l’union mutualiste ancêtre de la Carac actuelle. Au fil des évènements, les avantages de la RMC ont été accordés aux combattants de la seconde guerre mondiale, puis d’Indochine, de Corée, des forces actives et des appelés du contingent d’Afrique du Nord et enfin, aujourd’hui, aux militaires en opérations extérieures.

Ouverture à tous les particuliers.

Un virage important a été réalisé en 2002, sous l’impulsion du nouveau Code de la mutualité. A cette date, les 72 mutuelles composant l’Union ont procédé à leur dissolution pour donner naissance à l’organisme mutualiste tel qu’il se présente à ce jour. Cette étape a coïncidé avec le renforcement de l’ouverture de la mutuelle au-delà de sa cible d’origine. « Depuis 25 ans, nous nous sommes ouverts à l’ensemble des particuliers mais notre développement s’effectue dans le cadre d’une approche que l’on qualifierait aujourd’hui d’affinitaire, vers les familles de nos adhérents – épouses, parents, enfants, petits-enfants. Depuis ces dernières années, notre cible s’élargit au-delà de ce cercle familial », explique Jean-Nicolas Grzybowski, responsable du développement commercial de la mutuelle.

Un réseau propre.

La Carac compte 55 points de vente en France et une centaine de conseillers qui sont itinérants pour lesquels elle se flatte d’avoir un turnover assez faible : « 35 à 40 % des conseillers étaient en poste à la Carac en 2002 », avance le directeur des adhérents Bernard Altariba. La mutuelle s’appuie aussi sur son vivier composé de plus de 200 élus mutualistes locaux pour faire vivre sa démarche de recommandation qui correspond toujours à 90 % de son développement, démarche qui associe fortement internet. « En revanche, nous n’avons pas pour l’heure la volonté de travailler avec des intermédiaires indépendants », précise Jean-Nicolas Grzybowski.

La rente doit rester un pilier…

L’objectif en revanche est bien de réussir la « reconfiguration de la Carac » sur ses nouvelles cibles et nouveaux marchés et métiers : la prévoyance, tout en se renforçant sur l’épargne dans une optique de retraite. Fin 2013, le total des actifs gérés par la mutuelle a atteint les 10 milliards d’euros. « 50 % de ces encours correspondent à des produits de retraite non rachetables permettant une meilleure gestion diversifiée. Notre spécificité, le complément de revenus, donne en effet une large place aux rentes », commente Bernard Altariba. En 2013, le chiffre d’affaires de la Carac avoisinait les 550 millions d’euros et le montant des rentes distribuées les 200 millions.

… et la solidarité une valeur essentielle.

Dans le cadre de ses solutions d’épargne, la Carac aime à promouvoir son engagement sur l’épargne solidaire. Membre du collectif Finansol depuis 2006, la mutuelle a déployé deux produits d’assurance dits de partage en vue de soutenir, pour l’heure, cinq associations aux domaines divers : Arc-en-Ciel pour les enfants atteints de maladies graves, l’association des Paralysés de France pour les personnes atteintes de handicap moteur, Mécénat Chirurgie Cardiaque pour les enfants atteints de malformations issus de pays en difficulté, l’Œuvre des pupilles de la Nation pour les sapeurs-pompiers, et Solidarités Nouvelles face au chômage pour lutter contre l’exclusion.

Le système proposé est simple, il consiste à reverser 1 % de chaque cotisation des adhérents sur le contrat à l’organisme associatif de leur choix partenaire de la Carac. Cela permet de faire bénéficier l’assuré donateur de la réduction d’impôt applicable aux dons. D’autre part, la société de gestion Tikehau IM, qui gère une partie des encours de ces produits solidaires, reverse 50 % de ses frais de commission à ces associations.  Ce dispositif est ouvert sur le contrat monosupport Entraid’Epargne Carac et, sur option, sur le contrat multisupport Carac Profiléo. « En six ans, un million d’euros de versements sur les 100 millions d’euros d’encours que représentent ces contrats, a été versé aux associations. Et en 2014, les versements solidaires ont été multipliés par trois », annonce Jean-Nicolas Grzybowski

Vers une formule spécifique Ehpad…

La mutuelle entend à présent investir le champ des seniors avec le déploiement progressif de son offre « bien vieillir ». Celle-ci comprend déjà un contrat obsèques et un autre d’assurance vie (Carac Epargne Plenitude). « Au travers de ce dernier, nous apportons une assistance aux personnes qui perdent leur autonomie mais aussi à celles qui deviennent aidantes d’une personne dépendante. Cette assistance s’apparente à un conseil familial et patrimonial », affirment les responsables.

Mais la mutuelle ne compte pas en rester là. Sur le champ de la dépendance, elle travaille sur une solution de rente provisoirement dénommée Carac Ehpad dédiée, comme son nom l’indique, aux personnes qui intègrent un établissement médicalisé. Ce produit aura une tarification adaptée au regard de la durée d’un séjour de la personne dépendante dans un établissement médicalisé.

… et d’une offre de viager immobilier.

Disposer des revenus nécessaires à un âge avancé n’est pas une évidence. Si bon nombre de personnes âgées disposent au moins d’un bien immobilier, peu en revanche sont susceptibles de dégager des liquidités nécessaires pour maintenir leur niveau de vie, faire face à leurs charges au moment de l’avancée en âge, voire financer une entrée en dépendance et encore moins une maison médicalisée. Sur ce terrain, la mutuelle prépare la mise en place d’une offre de vente immobilière avec droit d’usage et d’habitation.

L’objectif est le suivant : via un fonds d’investissement, le propriétaire se verrait proposer l’acquisition de son bien immobilier avec une décote correspondant au droit d’usage et d’habitation. Ce bien serait conservé par le vendeur qui toucherait un capital dont il pourrait se servir à sa guise (production de revenus, placement sur des produits d’épargne, donations…). Sur le plan patrimonial, la personne âgée pourrait rester chez elle le plus longtemps possible et réaliser, par exemple, les travaux nécessaires pour équiper son domicile en vue d’une autonomie réduite. A son décès, le fonds deviendrait propriétaire du bien immobilier mais permettrait aux enfants une acquisition prioritaire si ceux-ci voulaient conserver l’immeuble dans le patrimoine. Cette solution, en cours de finalisation, est elle aussi prévue pour l’année 2015. 

Gestion des personnes vulnérables.

La Carac entend poursuivre dans la voie de la gestion du patrimoine des seniors, sans oublier les aspects juridiques. « Depuis trois ans, nous menons une action sur des personnes vulnérables dont le nombre est assez important dans notre portefeuille. Le ‘bien vieillir’, c’est aussi être en mesure de répondre aux attentes des mandataires et des juges des tutelles », conclut Jean-Nicolas Grzybowski. Les gestionnaires de patrimoine ne pourront dire le contraire.