La BPE exclue des PRI

Laurence Marchal
Au total, 5 membres ont été radiés et 23 ont décidé d’eux-mêmes à sortir des PRI ou ont été exclus pour ne pas avoir publié leur rapport annuel.

Deux sociétés françaises ont été radiées des Principles for Responsable Investment. Il s’agit de la BPE, la banque privée de La Banque Postale, et de Delta Alternative Management, une société de gestion entrepreneuriale.

Au total, seulement cinq investisseurs ont été radiés de la liste des signataires des PRI qui compte plus de 3.000 membres. Les trois autres sont l’investisseur néerlandais Stichting Gemeenschappelijk Beleggingsfonds FNV (GFB) et les sociétés de gestion indonésienne Corfina Capital et américaine Primary Wave IP Investment Management. L’ensemble représente un encours de moins de 6 milliards de dollars, BPE formant l’essentiel avec plus de 5 milliards de dollars.

Invitée à réagir face à cette exclusion, une porte parole de la BPE a expliqué que la banque "n'a pas été en mesure de répondre pleinement à un des six principes fondamentaux des PRI" concernant la gestion sous mandat "pour des raisons juridiques". En effet, "la Gestion Sous Mandat de BPE investit dans des sociétés cotées pour le compte de ses clients, et donc n’est pas légalement propriétaire de ces titres. Par conséquent, elle n’est en mesure de participer aux assemblées générales et de voter les résolutions dans le respect des principes ESG comme l’exige les PRI", détaille la BPE. La banque assure travailler actuellement à "la résolution de cette contrainte légale" afin d'adhérer à nouveau aux PRI. Egalement contactée par NewsManagers, Delta n'a pas répondu à nos sollicitations.

Ces exclusions, qui restent des mesures exceptionnelles et prise "en dernier ressort", constituent le dénouement d'un processus qui a duré deux ans et qui s'est déroulé en plusieurs étapes.

En 2018, les PRI annonçaient l'adoption de trois critères minimum à respecter. Cela répondait à la demande de certains membres qui constataient une ruée sur les PRI, notamment de la part des sociétés de gestion, qui ne s’accompagnait pas forcément d’une remise en cause des pratiques, avait expliqué Marie Luchet, responsable de l’Europe continentale pour les PRI dans l’équipe Relations avec les investisseurs signataires, en mai 2019.

Ces critères exigent premièrement de disposer d’une politique d’investissement responsable qui couvre plus de 50 % des encours. Ensuite, il faut avoir un collaborateur en interne ou en externe qui soit responsable de la mise en œuvre de cette politique. Enfin, il est demandé que la mise en œuvre de cette politique d’investissement soit supervisée par un membre du comité exécutif.

Un processus de deux ans

165 signataires ne respectaient pas ces critères minimums en avril 2018. Ils ont eu deux ans pour y remédier. Un an plus tard, en avril 2019, ils n’étaient plus que 69 mauvais élèves, et en juillet 2020, ils étaient dix. Ces derniers ont alors été informés qu’ils allaient être radiés et ont eu la possibilité de faire appel de la décision.

PRI

Source : PRI

Le nombre d’exclusion reste faible au regard du nombre de membres et les PRI voient cela « comme une indication d’un processus d’engagement réussi ». Notons toutefois que sur les 165 signataires identifiés au départ, 23 ont eux-mêmes décidé de renoncer aux PRI ou ont été exclus pour ne pas avoir publié leur rapport annuel sur les PRI. De plus, d’autres membres pourraient sortir l'année prochaine. Pour 2021, quinze membres risquent d’être radiés s’ils ne respectent pas les critères minimum.