Gestion collective

La bonne tendance se confirme en 2016

Six Financial Information-Europerformance vient de publier son bilan de la gestion collective pour l’année 2016
Les fonds de droit français s’en sortent bien en cumulant l’année dernière hausse des encours et collecte positive

L’essai est transformé. Pour la seconde année consécutive, l’industrie de la gestion française a enregistré une collecte positive, après cinq années de décollecte entre 2010 et 2014. Ainsi, selon le bilan de la gestion collective de 2016 publié par Six Financial Information-Europerformance, les OPCVM de droit français ont collecté 35,4 milliards d’euros l’année dernière (voir le graphique). Cela fait suite à une collecte positive de 41 milliards en 2015. Pour mémoire, l’industrie avait enregistré des retraits cumulés de 213,5 milliards d’euros les cinq années précédentes. Les encours affichent, de leur côté, une progression de 4,3 %, passant de 821 milliards d’euros fin 2015 à 856,5 milliards d’euros un an plus tard, dont une hausse de 17,3 milliards d’euros apportée par la performance des marchés.

La trésorerie en tête. Ce chiffre de collecte, bien que positif, ne reflète pas les écarts que l’on peut observer sur les différentes classes d’actifs. Ainsi, « en dépit des rendements négatifs désormais servis par une large majorité de portefeuilles monétaires, les fonds de trésorerie ont, comme l’an passé, bénéficié d’un formidable afflux de souscriptions nettes positives. Aux 19 milliards d’euros qui leur ont été alloués l’an passé s’ajoute une collecte annuelle de 26,9 milliards d’euros, dont la ventilation demeure extrêmement favorable aux portefeuilles les plus longs en termes de maturité », peut-on lire dans l’étude. Les classes d’actifs de long terme, pour leur part, bénéficient d’une collecte de seulement 8,5 milliards d’euros, contre 22 milliards d’euros en 2015.

« La prédominance des actifs de taux dans les choix d’allocation des investisseurs reste pénalisante pour la plupart des gestions actions », note Alexandre Cassan, chargé d’études OPCVM chez Six Financial Information et rédacteur de l’étude. Ainsi, ces fonds d’actions ont, finalement, subi une décollecte de 609 millions d’euros sur l’année. A noter toutefois la collecte positive des fonds d’actions émergentes (pour 2,1 milliards d’euros) au détriment des fonds d’actions européennes (-1,3 milliard d’euros), Amérique du Nord (-580 millions d’euros) et Asie (-401 millions d’euros).

Essoufflement des diversifiés et flexibles. Cette année marque également un mouvement de décollecte sur les fonds diversifiés. Ces derniers enregistrent 2,6 milliards de rachats, contre une collecte de 3,5  milliards en 2015. Cette contre-performance s’explique, selon Six Financial Information, par le fait que « quelques portefeuilles concentrent la majeure partie des rachats. C’est principalement le cas dans les catégories allocation mixte où les flux vendeurs enregistrés par Carmignac, mais aussi Amundi Asset Management et CPR, ont lourdement pesé ». A noter toutefois que ces gestionnaires ont su proposer d’autres offres à leurs clients – notamment des produits de taux – puisqu’ils figurent tous les trois parmi les meilleures collectes de 2016 pour la totalité de leurs OPCVM avec respectivement 12,6 milliards, 2,8 milliards et 2,3 milliards d’euros de souscriptions nettes (voir le graphique).

Enfin, pour les fonds flexibles, on observe la même tendance que pour les diversifiés, bien que moins marquée. Ces produits, qui avaient collecté 5,4 milliards d’euros en 2015, ont réussi à recueillir seulement 472 millions d’euros en 2016.