La Banque de France s’ouvre aux start-up

La Banque de France a inauguré fin mai 2018 les locaux de son nouveau Lab. Alexandre Le Douaron, son responsable et Thierry Bedoin, chief digital officer de l'établissement, reviennent sur les principaux objectifs de ce Lab et les projets déjà développés en partenariat avec des start-up.

Créé depuis un an, le Lab de la Banque de France, a inauguré ses nouveaux locaux le 22 mai 2018, situés au 115 rue Réaumur dans le IIe arrondissement de Paris. L'objectif de ce Lab' : être « vecteur de transformation » pour la Banque de France « via l’innovation et la digitalisation », explique Alexandre Le Douaron, son responsable. « Il ne s'agit pas d'un incubateur comme l'on peut trouver dans certaines banques commerciales  » , dans le sens où la Banque de France ne soutient pas la création de ces entreprises, mais « d'un accélérateur  » puisque elle finance les expérimentations réalisées en partenariat avec les start-up, explique-t-il.  « Le Lab est un lieu de création et d’anticipation, ouvert sur son écosystème et aux acteurs innovants, qui prépare la Banque de France à l’évolution de ses métiers et aux tendances de demain», souligne Thierry Bedoin, chief digital officer de l'établissement.   

Ce lieu que l'Agefi Actifs a pu visiter se décompose en plusieurs parties qui suivent la logique du développement d'un projet : des salles de brainstorming, une zone de pitch où les start-up peuvent présenter leur projet, un lieu de décision pour l'arrêter et enfin des salles projets que les sociétés partenaires peuvent investir pour plusieurs semaines voire plusieurs mois pour concrétiser leur expérimentation. L'équipe d'animation du Lab, composée d'une "dizaine de personnes", possède les compétences d'expertise technique de la Banque de France pour faire le lien avec les start-up. 

Depuis un an, le Lab a expérimenté 12 projets, et 10 sont en cours de développement. Deux voies permettent de sélectionner des start-up : l'identification par la Banque de France de problématiques internes à résoudre et l'appel à projet ouvert aux start-up, qui a généré plus de 125 réponses, dont 8 ont été sélectionnées pour être mises en oeuvre.  

La Banque de France a notamment développé avec la société Blockchain Partner la mise en place d'un référentiel interbancaire de Place pour le fichier des identifiants créanciers SEPA, via un système de Blockchain. Créé en décembre 2017, un établissement bancaire (Crédit Mutuel Arkéa) est d'ores et déjà raccordé à ce réferentiel, et trois autres sont en cours. "Avec ce processus, nous raccourcissons considérablement les délais : désormais les banques peuvent obtenir ces identifiants en quelques secondes, et non en quinze jours comme auparavant", souligne Thierry Bedoin. 

La start-up QuantCube Technology, qui a récemment annoncé une levée de fonds de 5 millions de dollars auprès de Moody’s Corporation et de Five Capital, a de son côté, aidé la Banque de France à affiner ses statistiques en matière de réservation d'hôtellerie. Grâce aux prévisions macroéconomiques et financières de cette société recueillies à partir des "données alternatives" dont celles des réseaux sociaux, la Banque de France a pu améliorer ces statistiques sur ce secteur à J+1 jour, au lieu de J+3 mois, tout en observant que ces données correspondaient trois mois plus tard à celles délivrées par des syndicats professionnels. L'établissement prévoit déjà de travailler sur d'autres sujets avec cette start-up comme l'e-commerce ou les transports.  

 

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