Julius Baer s’apprête à tailler dans ses coûts après un exercice 2018 à oublier

La banque suisse entend réduire ses effectifs de 2% en 2019.
Adrian Moser

Par L’Agefi Quotidien - Boris Collardi n’aura pas vécu de l’intérieur l’annus horribilis de Julius Baer. L’ancien directeur général de la troisième banque suisse privée, à l’origine de sa robuste croissance de ces dernières années, était parti chez Pictet juste avant le début de l’exercice 2018, lequel a vu l’action Julius Baer chuter de plus de 40 %. Hier encore, le titre a clôturé sur un plongeon de 4,42%, à 37,80 francs suisses, après la publication des résultats annuels de la banque helvétique. Malgré une hausse de 4% par rapport à 2017, à 735 millions de francs suisses (644 millions d’euros), le bénéfice net s’avère inférieur à la prévision moyenne des analystes interrogés par Reuters, qui anticipaient un résultat de 772 millions de francs.

Les actifs gérés par la banque ont fondu de 2 % l’an dernier, à 382 milliards de francs. Julius Baer a pourtant enregistré une collecte nette de 17 milliards de francs en 2018, en progression de 4,5 % par rapport à 2017, conformément à son objectif de moyen terme d’une croissance de 4 % à 6 %. Mais la collecte nette a été contrebalancée par un effet marché négatif de 22 milliards de francs, en raison de la forte baisse des marchés actions mondiaux au second semestre. A cela s’est ajouté un effet change défavorable de 5 milliards de francs, principalement imputable à la dépréciation de l’euro.

Conséquence d’une activité moins bonne que prévu, le groupe n’a pas atteint son objectif d’un coefficient d’exploitation (coûts sur produit net bancaire) compris entre 64 % et 68 %, conformément à l’avertissement lancé en novembre. Après un exercice 2018 clos sur un coefficient d’exploitation de 70,6 %, contre 69 % un an plus tôt, Julius Baer ne table plus que sur un ratio « inférieur à 68 % » d’ici à 2020.

Dans cette optique, l’établissement bancaire, qui compte 6.693 collaborateurs à temps plein, a annoncé lundi le lancement d’un programme de réduction de coûts de 100 millions de francs suisses, qui passera notamment par une diminution nette de 2 % de ses effectifs en 2019, soit la suppression de 140 postes environ. « Nous lançons ce plan de réduction structurelle des coûts afin d’être en mesure de faire face aux fluctuations de revenus que d’éventuelles évolutions négatives des marchés pourraient engendrer à court et moyen terme », explique dans un communiqué Bernhard Hodler, le directeur général de Julius Baer.