Jeunes diplômés : l'atout prix

Malgré la crise sanitaire, de nombreux masters 2 en gestion de patrimoine ont relevé le défi et se sont affrontés dans une nouvelle édition du Grand Prix des jeunes diplômés. Evènement cette année, non seulement la compétition s’est ouverte à d’autres cursus mais à côté de la CCEF, L’Agefi Actifs compte un nouveau partenaire, la Société Générale Private Banking.
Les étudiants de l'Esemap d'Angers aux côtés de Mathieu Vedrenne, directeur général de Société Générale Private Banking

Un nouveau départ ! Dans sa 19e édition, le Grand Prix des jeunes diplômés fait feu de tout bois. Par rapport à l’année précédente au cours de laquelle, crise sanitaire oblige, une partie de l’évènement avait dû être annulée, le prix a repris cette année son cadre habituel. Outre un examen écrit, des oraux ont été organisés pour départager les meilleurs talents. Par rapport également à son périmètre initial, le prix a aussi gagné en étoffe. Historiquement réservé aux étudiants des plus prestigieux masters 2 de gestion de patrimoine, cette année, le Grand Prix des jeunes diplômés s’est ouvert aux étudiants dont l’enseignement intègre de la gestion d’actifs. Plusieurs raisons ont conduit à cet élargissement. Le poids prépondérant de cette gestion dans les patrimoines, et aussi l’importance de construire une allocation en phase avec le profil de risque et les attentes de chacun. A la clé, il en va de la performance globale de l’ensemble…

La CCEF et un nouveau partenaire

Cette nouvelle impulsion coïncide pour L’Agefi Actifs avec deux autres événements d’importance : la réaffirmation de son partenariat historique avec la CCEF, impliquée depuis l’origine dans l’organisation du grand prix d’ingénierie patrimoniale. Et l’arrivée d’un nouvel acteur de poids pour participer à l’éclosion de jeunes talents : la Société Générale Private Banking. Outre son rôle dans le déroulement des épreuves, la banque privée (voir interview page 27) est partie prenante dans la mise sur pied du nouveau Grand Prix de la Gestion d’Actifs.

C’est donc au « grand complet » que la 19e édition du Grand Prix des jeunes diplômés a pu se tenir cette année. Reprenant un fonctionnement éprouvé par les étudiants en masters de gestion de patrimoine durant les deux dernières décennies, une épreuve écrite sur la base d’un cas pratique concocté en ingénierie patrimoniale par Maitre Silvestre Tandeau de Marsac et en gestion d’actifs, par les équipes de la banque privée, a donné le coup d’envoi de la compétition en début d’année. Puis, après une remise de copie à la fin du mois d’avril, les corrections des membres de la CCEF pour l’ingénierie patrimoniale et de Société Générale Private Banking pour la gestion d’actifs ont permis d’établir un classement. A partir de ce dernier, les étudiants des cinq meilleurs masters sur les quinze inscrits en gestion de patrimoine et ceux de deux masters en gestion d’actifs – deux autres universités ont dû abandonner en raison des contraintes imposées par la crise sanitaire – ont été sélectionnés pour se rendre à Paris dans les locaux de Société Générale Private Banking et y passer des oraux. Dans le détail, il était question pour les concurrents de simuler une rencontre avec le couple dont la situation avait été décrite dans le cas pratique de l’épreuve écrite. A charge pour les jurys composés de membres de la CCEF, de représentants de Société Générale Private Banking et de journalistes de L’Agefi Actifs, d’apprécier la qualité des préconisations, la clarté des explications, la force de l’argumentaire et la présentation générale de l’exposé. En jeu, le podium du Grand Prix du Conseil et celui du Grand Prix du Master dont le classement est obtenu en agrégeant les notes orales des étudiants d’un même master avec celles obtenu à leur épreuve écrite…

Les notes des cas pratiques des cinq meilleurs masters en ingénierie patrimoniale et des deux masters en gestion d’actifs ayant été tenus secrètes jusqu’aux oraux, le suspens était donc à son comble mardi 29 juin. Au terme d’une journée studieuse passée dans les locaux de Société Générale Private Banking où trois jurys ont mis pas moins de trente-deux étudiants sur la brèche, les résultats sont tombés. Et c’est à quelques minutes du siège de la banque privée, dans le cadre prestigieux de l’hôtel Intercontinental, que les prix ont été annoncés.

Deux concurrents redoutables

Le prix de l’ingénierie patrimoniale revient tout d’abord au master 2 gestion de patrimoine de l’Esemap Angers. Que retenir de ce classement ? Pour ce qui concerne l’ingénierie patrimoniale, l’Esemap Angers se présente comme un redoutable concurrent du Grand Prix des jeunes diplômés. Le master dirigé par Bruno Séjourné a ainsi occupé deux fois la première place au cours des cinq dernières années – en 2019 et 2020 - et s’est placé à la deuxième place en 2018. Preuve du niveau relevé de cette année, le lauréat 2021 est talonné par le Master 223 de Paris Dauphine. Dirigé par Sophie Schiller, ce dernier n’est autre que le plus capé du Grand Prix des jeunes diplômés en étant monté 6 fois sur la plus haute marche du podium. Si les « poids lourds » de la catégorie se sont donc distingués, il y avait néanmoins de la place pour des surprises. Dont la troisième place pour l’ESA qui monte pour la première fois sur le podium.

Toujours dans la catégorie de l’ingénierie patrimoniale, sans grande surprise, l’épreuve orale qui déterminait le Grand Prix du Conseil et du Master a confirmé les résultats de l’écrit. A quelques nuances près cependant. Le Grand Prix du Conseil a ainsi été attribué à Manon Mingori, étudiante du Master 223 de l’université Paris Dauphine. Elle devance Annabelle Massot inscrite à l’IAE Lyon, et Alexandre Feuilleuse, également étudiant au master 2 de Paris Dauphine. Compte tenu des résultats obtenus par les candidats tant sur leur cas pratique qu’à l’oral, le Grand Prix du Master a enfoncé le clou. L’Esemap Angers et Paris-Dauphine conservent leurs places. Cependant, le master de l’IAE Lyon s’est hissé en troisième position, du fait de la performance globale à l’oral de ses étudiants, qui a été saluée par les différents jurys.

L’IAE Lyon net vainqueur

Pour sa part, la gestion d’actifs a été attribué à l’IAE Lyon. S’agissant d’une première, le Grand Prix de la gestion d’actifs n’a pas permis de faire de comparaison. On notera néanmoins la nette victoire de l’IAE lauréat par rapport à l’ESPI Marseille. Très logiquement, Stephen Boisard et Thibault Sinsollier, les deux étudiants de Lyon à avoir relevé le défi occupent les premières places du Grand Prix du Conseil en Gestion d’Actifs devant Romain Preynat, étudiant à L’ESPI Marseille. De fait, le Grand Prix du Master tombe également dans leur escarcelle. Il restait au terme de la cérémonie de remise des récompenses à saluer la performance des étudiants dans des conditions dont on peut souhaiter qu’elle reste exceptionnelle. Rendez-vous a également été pris avec les directeurs des masters présents pour une 20e édition l’année prochaine que l’on espère tout aussi disputée et passionnante. 

-Des experts à la correction : Silvestre Tandeau de Marsac (FTMS), Serge Anouchian (Emargence), Eric Guiard (Notaire), Jean-Philippe Bohringer (JPA Entreprises).

-à l’oral : Julie Grunberg Boussin (SGPB France), André-Paul Bahuon (Jegard Creatis), Olivier Pacalin (SGPB), Séverine Tamayo (SGPB France), Isabelle Dusart (Expert-compable), Julien Gasbaoui (Gasbaoui Avocats).

Trois questions à...

Olivier Paccalin, responsable Développement & Solutions, Société Générale Private Banking

L’Agefi Actifs : - Que représente pour Société Générale Private Banking ce partenariat avec L’Agefi Actifs ?

Olivier Paccalin : - Tout d’abord, nous sommes ravis d’être associés dans cette belle aventure avec L’Agefi Actifs, qui est un acteur de référence de la presse financière. Après, sur le fond, être acteur du Grand Prix des Jeunes Diplômés est un des moyens pour nous de participer à un enjeu plus global d’éducation financière que nous devons relever collectivement. Enfin, c’est une façon d’entrer en contact avec des talents et de renforcer autant que possible l’attractivité des banques en tant qu’employeur pour les jeunes qui entreront bientôt sur le marché du travail.

Quelle importance les jeunes talents représentent-ils pour une banque privée comme la vôtre ?

Nous sommes en France sur notre marché domestique, avec une position de leadership et des équipes très importantes pour répondre aux besoins des nombreux clients ayant choisi de nous accorder leur confiance. Par conséquent, et même si nous veillons à garder le niveau de séniorité nécessaire vis-à-vis de nos clients sur certaines fonctions, il est dans l’ordre des choses que nous intégrions des jeunes diplômés et les formions afin d’en faire les futurs leaders de notre métier. C’est une condition indispensable à notre capacité pour nous réinventer et nous adapter aux besoins de nos clients !

Vos équipes sont directement intervenues dans le traitement du Grand Prix de la Gestion d’Actifs qui vient compléter celui sur l’ingénierie patrimoniale. Pourquoi une telle implication ?

L’ingénierie patrimoniale est et restera le fondement de notre métier, consistant à assister nos clients dans la structuration et la protection du patrimoine familial. Après, au vu des conditions de marchés depuis quelques années, et qui devraient perdurer encore un long moment, avec un taux sans risque ne permettant plus de protéger la valeur réelle d’un patrimoine, nous sommes face à une équation dans laquelle ne pas diversifier son patrimoine aboutit à une érosion certaine. Par conséquent, le sujet de l’allocation d’actifs et donc de la gestion d’actifs, prend une place de plus en plus importante dans la bonne gestion d’un patrimoine. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité élargir ce Grand Prix avec cette nouvelle dimension, que nous allons développer dans les années à venir.