HSBC s’apprête à officialiser la revente de ses agences françaises à Cerberus

Capucine Cousin
Une rencontre avec les représentants syndicaux de la banque serait prévue pour vendredi.

Cette fois, c’est plié. HSBC s’apprête à annoncer la vente de la banque de détail de HSBC France à la firme de capital-investissement Cerberus, mettant fin à un processus de vente entamé il y a plus de 18 mois. Mi-mars, le fonds restait le dernier en lice dans une bataille qui l’avait opposé en finale à Anacap et un fonds de capital investissement français.

La transaction a été acceptée, et doit être annoncée ces prochains jours, selon une source proche du dossier, citée mercredi soir par l’agence Bloomberg. Une rencontre avec les représentants syndicaux de HSBC à propos de la banque de détail française est prévue pour vendredi, a indiqué une porte-parole de la banque citée par l’agence de presse. Les syndicats n’appréhendent a priori pas trop : « Si nous devons être repris par un fonds d’investissement, Cerberus apparaît mieux placé que les autres car il dispose d’une assise financière plus importante »indiquait en mars dernier un syndicaliste à L’Agefi.

Le groupe sino-britannique a dû batailler pour trouver un repreneur pour sa banque de détail française déficitaire, étant donné la complexité de l’accord. HSBC devrait signer un chèque d'au moins un milliard d'euros au fonds américain pour qu'il reprenne ses 230 agences, rapportait début mai Les Echos. Une facture sans précédent en France pour la vente d'un actif bancaire. De fait, HSBC a cumulé l'an dernier 1,16 milliard de dollars (970 millions d'euros au cours actuel) de pertes avant impôts dans l'Hexagone.

Cette vente s’inscrit dans le cadre d’une refonte mondiale de la banque, qui vise à réduire les actifs à risques pondérés et à supprimer 35.000 postes. Parallèlement, elle compte réorienter ses investissements vers l’Asie.

La banque a déjà indiqué que son marché de la banque de détail aux Etats-Unis se concentrerait sur l’offre bancaire et des services de gestion de patrimoine, pour une base internationale d’environ 300.000 clients aisés.

HSBC France représente environ 3.900 salariés. Le groupe a déjà supprimé un tiers des 700 postes dans sa banque d’investissement dans l’Hexagone l’an dernier, dont presque tous ses banquiers basés à Paris qui travaillaient sur des produits dérivés et structurés. Il a aussi rompu les liens avec près de 40 entreprises clientes.

La banque de détail tricolore de HSBC sera le tout dernier ajout de ce secteur aux investissements de Cerberus, qui a des parts dans Deutsche Bank, Commerzbank et Hamburg Commercial Bank, et qui a acquis My Money Bank (ex-GE Money) en 2017.