HSBC pourrait mettre la main à la poche pour vendre sa banque française

Amélie Laurin
Les deux fonds encore en lice exigeraient une recapitalisation massive avant tout rachat

Un euro. C’est le prix symbolique que Cerberus et un fonds concurrent seraient prêts à débourser pour racheter la banque de détail de HSBC France, selon Reuters. Tous deux exigeraient aussi que le périmètre cédé soit recapitalisé à hauteur de 500 millions d’euros par le groupe britannique HSBC, pour donner les coudées franches au repreneur. «Cerberus est effectivement face à un autre fonds», déclare à L'Agefi un bon connaisseur du dossier, sans confirmer la valorisation. Le rival du fonds américain, qui a déjà racheté en France My Money Bank (ex-GE Money), serait le britannique AnaCap, propriétaire de Milleis Banque, l'ex-Barclays France. Tous deux sont souvent cités depuis plusieurs mois. HSBC, son conseil Lazard, et Cerberus ne commentent pas. AnaCap n'a pas répondu à L'Agefi.

Seule certitude, les banques françaises ont jeté l’éponge. «Elles ne sont plus de la partie», indique la source, confirmant les informations de Reuters. Un temps intéressée par HSBC France, la Société Générale se concentre sur sa propre restructuration, avec la fusion annoncée des réseaux Société Générale et Crédit du Nord, tandis que La Banque Postale a revu ses priorités après son changement de directeur général à la rentrée, en pleine intégration de CNP Assurances. Plus globalement, le dossier semblait trop lourd à porter pour les banques, déjà aux prises avec la crise économique engendrée par le Covid-19, le contexte de taux bas et la restructuration de leurs réseaux d'agences face à l'essor du numérique.

Restent les fonds, pour une opération de retournement à l’issue incertaine. Les 500 millions évoqués par Reuters serviraient sans doute moins à financer les développements futurs qu’à éponger les pertes… et financer un plan social. A fin juin, HSBC France affichait 8,1 milliards d’euros de fonds propres et 499 millions de pertes nettes, selon son rapport semestriel. Sa division de banque des particuliers et banque privée a perdu 225 millions d’euros en six mois, et la banque d’investissement 158 millions. Cette dernière va bientôt lancer un plan de 235 départs, volontaires et contraints, soit un tiers de l’effectif.

Dans la banque de détail, nul doute qu’un rachat se solderait par un lourd bilan social pour les 3.000 à 5.000 salariés concernés par le projet de cession. Reste à savoir si le régulateur bancaire donnera son feu vert à la reprise par un fonds. Chez Milleis Banque, AnaCap a supprimé 343 postes, un tiers des équipes, sans retrouver encore le chemin de la profitabilité.