plateformes de distribution

Finavéo : rachat en vue

La plateforme est en discussion en vue d’un rachat par un consortium composé des groupes Apicil, OFI, et Crystal
Elle entend devenir un « acteur de référence dans le domaine des plateformes dédiées aux CGP »
Pascal Vieville, Directeur général de Finavéo

Finavéo voit les choses en grand. La plateforme de distribution exclusivement tournée vers les CGP a annoncé courant juillet être entrée en « discussions exclusives » en vue d’un rachat par le groupe de prévoyance Apicil, la société de gestion OFI AM et le groupe de gestion patrimoniale Crystal. Sous réserve de l’approbation de l’opération par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), dont la décision est attendue d’ici début octobre, cette consolidation permettra « de donner naissance à un acteur de référence dans le domaine des plateformes dédiées aux CGP », indique Finavéo. 

Gamme élargie. De quoi permettre d’offrir aux clients de la plateforme une « gamme élargie de produits et de services innovants », en partageant
« leurs expertises spécifiques ». Travaillant avec près de 1.000 cabinets de conseillers en investissement financier (CIF) environ et pas moins de 180 sociétés de gestion, Finavéo possède deux agréments : courtier grossiste et prestataire de services d’investissement (PSI). La société créée en 2010 est positionnée majoritairement sur les comptes-titres et les PEA, qui représentent 90 % de sa collecte. Le reste concernant le contrat d’assurance vieFinavéo Vie, le contrat luxembourgeois Finavéo Lux Privilège (avec Natixis Life), et un compte à terme.

Avant-garde. L’objectif de ce rapprochement est de « donner naissance à une nouvelle plateforme-métier de référence, à l’avant-garde de la digitalisation, et qui proposerait à une clientèle de CGP un middle office de très haut niveau, des outils réduisant au strict nécessaire leurs démarches administratives et une large offre multi-produits et services, en architecture ouverte, répondant à leurs besoins », indiquent de leur côté les trois potentiels acheteurs. Parmi les nouveaux produits qui pourraient en découler, « il pourrait y avoir un contrat d’assurance vie spécifique, ce que nous étudions depuis deux ans, mais aussi de nouvelles offres de crédit. Et pourquoi pas aller aussi vers l’épargne retraite », explique Pascal Vieville, directeur général de Finavéo. Le consortium s’attachera en tout cas à conduire ses projets de développement « dans la continuité de ceux initiés par ses dirigeants », tout en bénéficiant d’une année d’accompagnement par les équipes de la plateforme. Le groupe Apicil indique de son côté « s’engage(r) au côté de ses partenaires du consortium dans le développement de cette plateforme B2B “nouvelle génération”, indépendante, agile et innovante ». Tout en appuyant « son développement en mettant à disposition nos produits, services et savoir-faire », explique Renaud Célié, directeur général adjoint métier épargne et services financiers du groupe.

Secteur en mutation. « Tout en restant dans le domaine institutionnel, nous souhaitions mettre l’accent sur la clientèle individuelle. Or pour ce faire, la problématique est d’avoir accès aux réseaux de distribution », explique Jean-Pierre Grimaud, directeur général d’OFI AM. « Très tôt, nous nous sommes intéressés au marché des CGP. Recherchant des groupes déjà structurés, c’est naturellement que nos réflexions nous ont amené vers les plateformes régulées », ajoute le responsable. Mais cette opération s’inscrit aussi dans l’objectif de « permettre de s’adapter au mieux aux mutations profondes de leur secteur », appuie-t-on chez Finavéo. En ligne de mire : le phénomène de concentration des acteurs, à l’image de la récente acquisition de Sélection 1818 par Nortia, qui devrait elle aussi être actée à l’automne (L’Agefi Actifs n°725, p. 20). « Notre ambition est de se développer, mais également de faire en sorte que Finavéo soit un contrepouvoir, tout en ayant une activité différentiante, explique Pascal Vieville. Aujourd’hui, les rapprochements entre acteurs permettent aussi de s’adapter à des obligations réglementaires extrêmement lourdes, et de faire face aux enjeux liés au digital ».

Objectif 2 milliards d’euros. Les contours de cette opération feront l’objet d’informations « susceptibles d’être communiquées début septembre », indique la direction de la plateforme. En attendant, la structure de 23 salariés, qui affiche aujourd’hui 1,5 milliard d’euros d’actifs, table sur un objectif de 2 milliards d’euros de stock d’ici à la fin 2019.