Family office : un marché en pleine accélération 

Le métier se structure rapidement depuis quelques années et attire de plus en plus de nouveaux entrants. Il gagne également en crédit auprès des professionnels de l'investissement, et notamment du private equity.
Jean-Marie Paluel Marmont, président de l'AFFO

« L’industrie du family office rentre dans une nouvelle phase. Une phase marquée par l’accélération du cycle économique et de la création de grandes fortunes. Cette accélération engendre un besoin croissant pour les services que nous proposons et donc une création de plus en plus importante du nombre de mono et multi family offices », a affirmé Jean-Marie Paluel Marmont, président de l’Association française du family office (AFFO), à l’occasion du déjeuner de presse annuel de l’association. Le dirigeant a d'ailleurs indiqué que l'une des prises de contact les plus fréquentes avec l'AFFO portait sur les modalités de création d'un family office.

L’association, qui entend devenir « la référence des professionnels du métier de family office », se réjouit de la notoriété que la profession a acquis ces dernières années. Selon les derniers résultats publiés par France Invest, les family offices sont devenus les troisièmes investisseurs en France sur le marché du private equity. « Ces chiffres nous donnent beaucoup de crédit et amènent les professionnels du capital investissement à porter une vraie attention à ce que nous avons à dire », a insisté le président de l’AFFO.

L’AFFO, qui revendique 100 membres (1), a fait de la transparence son crédo. Elle estime d’ailleurs que les dernières évolutions réglementaires vont dans le bon sens. « Tout n’est pas parfait et les rétrocessions restent encore la norme dans beaucoup de métiers du conseil financier. Mais la tendance commence à changer et la transparence, dans un milieu qui ne l’était pas, change les habitudes et les mentalités », a souligné François Mollat du Jourdin, secrétaire général de l’AFFO et président de MJ&Cie. 

L'immobilier a toujours le vent en poupe. L’association a profité de l’événement pour présenter son 6e livre blanc. Baptisé « immobilier pour les familles » il a pour ambition de livrer aux family officers, les outils nécessaires à la gestion efficace d’un patrimoine immobilier, de sa constitution à sa transmission, et de les aider dans la gestion d’un portefeuille immobilier. « Il apporte un éclairage sur les particularités de chaque classe d’actifs immobiliers, étudie les différentes stratégies immobilières pouvant être adoptées par les family offices, répertorie les étapes préalables à l’investissement, transmet les différentes manières d’envisager la gestion d’un patrimoine immobilier complexe et expose le cadre juridique et fiscal actuel », a détaillé Yohann Floc’h président de la commission en charge de la rédaction de ce livre blanc. Selon ce dernier, 100 % des familles clientes des family offices veulent investir dans l’immobilier. C'est au niveau des classes d'actifs immobilières que les différences se manifestent. « L'intérêt pour l'immobilier va être encore plus marquée face à la baisse des marchés, car beaucoup de nos clients le considèrent comme une valeur refuge », a-t-il assuré.

En 2020, l’association va poursuivre sa dynamique avec plusieurs projets, parmi lesquels : 

- La professionnalisation du métier du family office, avec la première session, en janvier dernier, d’une formation dédiée aux métiers du family office, créée en partenariat avec l’Aurep. La deuxième session, qui s'ouvrira en janvier 2021 affiche déjà complet. 

- Le lancement d’une enquête stratégique sur l’écosystème lié au métier du family office. 

- La parution en avril prochain du 5ème baromètre annuel de l’AFFO/OpinionWay.

- Le lancement de sa septième commission sur le thème de l’investissement durable, avec pour objectif de publier ses travaux sous forme d'un nouveau livre blanc.

Par ailleurs, le 7ème Prix de l’AFFO a été attribué à Chloé Topart, étudiante à l’université Paris Dauphine, pour son mémoire réalisé sur « Les fondations et fonds de dotation actionnaires, des outils innovants de transmission d’entreprise ». Dans ce mémoire, l'étudiante décrit pour quelles raisons un entrepreneur déciderait de transmettre tout ou partie du capital de son entreprise à un organisme à but non lucratif. Preuve que le prix attire les convoitises, l'étudiante a expliqué avoir ciblé longtemps à l'avance sa participation à ce prix. Grand bien lui en a pris puisqu'elle a fini par le remporter et que grâce à lui elle a déjà trouvé un employeur. « L'AFFO fait sa part pour le marché du travail », a lancé avec un sourire Jean-Marie Paluel Marmont.

(1) Dont 60 % de family office (un tier de "multis" et deux tiers de "monos") et 40 % de partenaires experts.