Eres prépare l’évolution de son tour de table

La boutique Cambon Partners a été mandatée pour céder les 15% du fonds Parquest dans le spécialiste de l'épargne retraite et salariale. Les associés pourraient s'alléger.

Par L'Agefi Quotidien

La réforme de l’épargne retraite dans la loi Pacte et l’allégement du forfait social pour l’épargne salariale ouvrent de nouvelles perspectives aux spécialistes du secteur. Et vaut à certains d’entre eux des approches intéressées. L’un d’eux, Eres, détenu à 85% par ses fondateurs, ses dirigeants et ses salariés, cherche ainsi à faire évoluer son tour de table, a appris L’Agefi de sources financières.

Le fonds Parquest, entré au capital de la société en 2016 comme actionnaire minoritaire, et les associés d’Eres, ont mandaté la banque d’affaires Cambon Partners à cet effet. Parquest, qui détient 15% d’Eres, chercherait à reclasser sa participation auprès d’un autre fonds d’investissement. A cette occasion, les associés – Jérôme Dedeyan, le président, Olivier de Fontenay, Hervé Righenzi de Villers et Nicolas Vachon – se laisseraient diluer tout en réinvestissant, pour permettre aux autres managers et aux salariés d’accroître leur poids dans le tour de table.
Perspectives prometteuses au regard de sa spécialisation

«Il ne s’agit pas d’une vente», insiste un proche du dossier joint par L’Agefi. L’idée que les associés puissent s’alléger peut en effet refroidir quelques candidats chez les fonds, indique un banquier d’affaires.​

Eres conçoit et commercialise des solutions d’épargne retraite – Perp et article 83, conçus avec Swiss Life – ainsi que des produits d’épargne salariale (PEE, Perco) en multigestion. La société dispose d’une gamme de 40 fonds, co-marqués avec d’autres sociétés de gestion (Carmignac, DNCA, Tikehau…). Elle s’appuie sur un vaste réseau d’experts comptables partenaires.

Le groupe connaît une croissance rapide. De 20 millions d’euros en 2015, avant l’entrée de Parquest au capital, le chiffre d’affaires consolidé est passé à 28,8 millions d’euros l’an dernier. Les encours gérés, qui atteignaient 1,5 milliard à l’époque, ont dépassé le cap des 2 milliards fin 2017 et atteindraient désormais 2,35 milliards d’euros. L'horizon semble prometteur. Le gouvernement veut supprimer au 1er janvier 2019 le forfait social pour les entreprises de 50 à 250 salariés mettant en place un intéressement, et l’abaisser de 20% à 10% pour l’abondement des entreprises sur les fonds d’actionnariat salarié, ce qui devrait redonner un coup de fouet à l’épargne salariale.