Gestion privée

Entre contact humain et algorithmes

Fabrice Moullé-Berteaux, fondateur de Sycomore gestion privée, passé par EFG et Quilvest, crée sa société de gestion
Sagara Financière se veut une structure de gestion privée traditionnelle mais met en avant sa gestion quantitative
DR, Fabrice Moullé-Berteaux

Le métier de la gestion privée est en pleine restructuration. Et si certaines entités se regroupent aujourd’hui pour atteindre la rentabilité, d’autres voient le jour, misant sur des modèles de développement traditionnels ou, au contraire, utilisant les nouvelles technologies. Fabrice ­Moullé-Berteaux, créateur de Sycomore gestion privée en 2004, qui avait été cédée à EFG en 2008, veut aujourd’hui mêler les deux mondes, avec la reprise, en avril dernier, de la société DTAM, qu’il a renommée Sagara Financière.

Gestion privée traditionnelle. Cette nouvelle entité compte bien mettre en œuvre ce qui a pu faire l’attractivité de la gestion privée pendant des années. « Nos gérants privés ont un contact direct avec les clients pour lesquels ils gèrent le portefeuille », explique Fabrice Moullé-Berteaux. Sagara ne veut donc pas se couper d’un modèle traditionnel de gérant privé. Et ce alors même que certaines structures, notamment à cause de la complexité de la mise en œuvre des nouvelles directives MIF ou DDA, ont fait le choix de séparer les activités de gestion de portefeuille (effectuées par des gérants) de la relation client (incombant à des relationship managers). Ce n’est clairement pas la solution qu’a choisie Sagara, qui préfère que le gérant privé conserve la relation avec son client. La société compte donc développer de concert la gestion privée sous mandat dans les différentes enveloppes fiscales et une activité de gestion d’OPCVM.

Interprofessionnalité. Pour autant, le gestionnaire ne se charge pas en interne de l’ingénierie patrimoniale complexe pour le compte de ses clients. Ainsi, pour gérer ces problématiques, la société dispose de partenariats avec de nombreux professionnels du droit et du chiffre. « Nous travaillons de concert avec de nombreux juristes, fiscalistes ou notaires qui sont à même de répondre aux exigences les plus pointues de nos clients », explique Fabrice Moullé-Berteaux.

Un positionnement ­quantitatif. Si peu d’encours ont été conservés de DTAM, la nouvelle société de gestion ne veut pas se couper de son historique de gérant systématique. Elle a gardé plusieurs fonds qui restent gérés par les équipes historiques de DTAM. Le premier, US Equity ­Premium, est un fonds de stock-­picking quantitatif sur les actions américaines sélectionnées en fonction des primes de risques sur les titres. Un second fonds suivant le même process, Europe Equity Premium, a d’ailleurs été lancé en novembre dernier, cette fois sur les actions européennes.

Fonds patrimonial à venir. Enfin, difficile de faire de la gestion privée sans disposer d’un fonds patrimonial. Si aucun produit du gestionnaire de ce type n’est encore agréé par l’Autorité des marchés financiers, le gérant compte lancer bientôt un fonds géré sur un modèle de risk parity – c’est-à-dire accordant le même niveau de risque aux différentes classes d’actifs qui le composent – et avec la possibilité de faire passer le fonds d’une position acheteuse à une position vendeuse en cas de problème sur les marchés.

Limiter la perte maximale. Le gérant veut, que ce soit à travers sa gestion sous mandat ou son offre d’OPCVM, essayer de répondre à ce qui, selon lui, constitue la principale préoccupation de ses clients. « Nous avons constaté que les clients étaient avant tout sensibles à la perte maximale de leur portefeuille (le drawdown) et à la durée qu’ils mettaient pour recouvrer les plus-hauts atteints, c’est pour cela que dans tous nos processus de gestion nous apportons une attention toute particulière à la gestion de ce type de risque », conclut Denis Gerber.