Fonds diversifiés

EFG veut développer son offre de fonds dédiés aux CGPI

L’entité française de gestion de la banque privée suisse EFG propose aux conseillers de concevoir des fonds sur mesure à leur image Cette technique, déjà proposée depuis quelques années par le gestionnaire, pourrait permettre de trouver une alternative rémunératrice aux fonds en euros.

Depuis un an et demi, l’environnement de marché requiert de nombreuses réorientations des contrats d’assurance vie économiquement difficiles à supporter tant pour les clients que pour leurs conseillers. En effet, les arbitrages, dont l’exercice se révèle souvent coûteux, se font aujourd’hui dans la très grande majorité des cas pour le support en euros des contrats, bien moins rémunérateur pour les distributeurs.

Dans ce contexte, EFG Gestion Privée a décelé une demande de certains conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) pour de nouveaux supports, sous la forme de fonds dédiés, une offre qu’il a déjà mise en place pour un cabinet (avec le fonds ICB Capital opportunité pour Akerys Capital à Toulouse), à la manière de ce que proposent aussi depuis quelques années des gestionnaires comme Swan, VP Finance ou Rothschild (lire L’Agefi Actifs n°327 pp. 12 et 13).

Cœur-satellite.

Le support proposé aux conseillers se présente sous la forme d’un fonds de fonds externe pouvant, à la marge, contenir aussi quelques titres vifs. Ce fonds diversifié sera géré de manière classique avec une approche dite top-down, c'est-à-dire mettant l’accent sur l’allocation. La gestion du produit reste totalement flexible, même si les demandes des conseillers recueillies par le gestionnaire s’orientent aujourd’hui plutôt sur un support pouvant servir d’alternative au fonds en euros.

Ainsi, sur ce type de support, la partie cœur du portefeuille, représentant près de 90 % de l’allocation, est investie sur des classes d’actifs décorrélées des marchés d’actions (comme les devises, les fonds longs de volatilité, le monétaire régulier), à répartir selon le cahier des charges du conseiller. Une autre partie du produit, plus active et qualifiée de satellite, est constituée exclusivement de fonds indiciels cotés sur des classes d’actifs telles que les actions, l’or ou le pétrole.

Même si certains des sous-jacents présents dans le fonds peuvent utiliser des stratégies complexes (comme les fonds exposés à la volatilité), le gestionnaire n’intègre que des supports traditionnels et se tient écarté de la gestion alternative.

Sur ce type d’offre, l’objectif de rendement se situe entre 5 % et 6 % par an, même si la société de gestion n’exclut pas, si certains conseillers le leur demandent, de fabriquer des produits davantage exposés aux actions, voire éligibles au PEA.

Intervention à la carte.

Le rôle du conseiller est défini en fonction de ses besoins. Ainsi, il peut, s’il le souhaite, faire partie du comité d’allocation avec le gérant, mais ce n’est pas obligatoire. La rémunération qui lui est offerte est celle couramment pratiquée et correspond à environ 50 % des frais de gestion (ce pourcentage peut être variable selon le niveau des encours et de la collecte). « Ces fonds permettent aux conseiller de rester en phase avec les marchés puisque nous pouvons très rapidement arbitrer les supports en cas de changement d’environnement financier ou économique », note Christophe Berger, gérant chez EFG Gestion Privée. Le gestionnaire fournit également un service de reporting hebdomadaire aux conseillers et peut, si besoin, les habiller à la marque des cabinets.

La société de gestion a ouvert son offre aux CGP garantissant un apport initial de 2 à 5 millions d’euros. En dessous de cette somme, les plates-formes avec lesquelles les conseillers travaillent peuvent être peu enclines à référencer ce type de fonds. « Les conseillers qui veulent proposer ce type de produit sont souvent plutôt en phase de croissance de leur collecte. Le référencement de ces fonds sur les plates-formes ne devrait donc pas poser de problème. Surtout dans le climat actuel où les structures capables de collecter se font rares », précise Christophe Berger.

Travailler l’image.

Le gestionnaire, aujourd’hui en contact avec plusieurs cabinets ou groupements, constate que « les demandes s’orientent davantage vers des fonds affichant leur nom, note le gestionnaire, mais nous pouvons aussi leur proposer des produits qui portent notre marque ». La société se propose également, pour les conseillers ne pouvant garantir une mise initiale de plusieurs millions d’euros, de leur créer des parts dédiées des fonds Cipango Patrimonia et Cipango Maxima PEA. Evidemment, comme toujours, s’il est vrai qu’un support au nom d’un cabinet présente un impact positif sur la clientèle, le risque d’être attaché à un OPCVM s’il ne performe pas aussi bien qu’attendu reste entier.