DomusVi confie les clés de son développement à PAI Partners

L'Agefi quotidien, 11 juin 2014
La prise de contrôle du numéro trois français des maisons de retraite met fin aux divergences de vue entre ses deux actionnaires

DomusVi et ses dirigeants ont choisi PAI Partners. Le numéro trois français des maisons de retraite derrière Medica-Korian et Orpea est entré en négociations exclusives avec le fonds d'investissement, conseillé par BNP Paribas et Willkie Farr, au terme d'un processus de vente lancé fin 2013 par la banque Rothschild et Cannacord. Les fonds Charterhouse et ICG étaient aussi en lice, tout comme le spécialiste des infrastructures Antin, et des investisseurs industriels chinois ont également regardé le dossier.

Ce changement d'actionnaires était attendu de longue date. Yves Journel, fondateur de DomusVi, et Jean-François Gobertier, patron de Dolcéa, qui s'étaient rapprochés en 2011 et détenaient chacun 50% du capital, ne faisaient pas mystère de leurs divergences de vue. Le premier va réinvestir de manière significative aux côtés de PAI Partners, qui prend le contrôle majoritaire, tandis que le second sort du capital. Jean-François Vitoux, président du directoire, reste aux commandes du groupe de maisons de retraite.

Avec une ligne de commandement désormais claire, DomusVi peut s'atteler à réduire l'écart avec ses concurrents, plus gros et déjà internationalisés. «Il y a un potentiel d'optimisation des activités du groupe en France et des opportunités de croissance à l'étranger par acquisition», souligne Frédéric Stévenin, associé chez PAI. Alors qu'elle dégage l'essentiel de son chiffre d'affaires sur son marché domestique avec 200 établissements et 15.000 lits, la société a commencé à regarder des dossiers en Espagne mais aussi jusqu'en Chine, où les besoins de prise en charge des personnes âgées ne cessent d'augmenter. «DomusVi a aussi développé une activité de soins à domicile qui connaît une croissance très rapide», ajoute Frédéric Stévenin.

Les parties prenantes n'ont pas dévoilé le montant de la transaction ni le montage du rachat à effet de levier (LBO). Alors que DomusVi a réalisé 647 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013 pour un Ebitda de 60 millions, une estimation entre 550 et 600 millions avait circulé. Une valorisation en ligne avec celle du leader Korian-Medica, qui se paie en Bourse environ 9 fois son Ebitda à venir.

En termes de dette, la taille de DomusVi en fait un candidat crédible au refinancement obligataire sur le marché du high yield, une option sérieusement envisagée par les acquéreurs.