Gestion de patrimoine

Des formations en mutation

La rédaction
Après avoir connu une période sans changement majeur, l’enseignement supérieur en matière de gestion du patrimoine doit à présent s’inscrire dans les évolutions de fond des professions du secteur
Fotolia

Les établissements de formation l’ont compris, les recruteurs recherchent de plus en plus de candidats diplômés, dotés d’un important bagage technique, aux dépends des profils plus commerciaux et peu techniques (L’Agefi Actifs n°697, p. 8). Si la réglementation européenne, à savoir les directives MIF II pour les produits financiers et DDA pour l’assurance, ont une incidence non négligeable sur les modèles de rémunérations des intermédiaires, une chose demeure acquise : la formalisation d’un conseil approprié permettra de justifier d’une rémunération, qu’il s’agisse du paiement d’honoraires par le client ou de la rétrocession d’une commission par l’assureur.

Différenciation.

Ce changement de cap, censé réduire les velléités des commerciaux en faveur de la vente pure de produit, oblige les différentes filières à choisir une orientation dominante afin de distinguer les formations centrées sur les aspects commerciaux et la culture produit et celles axées sur l’ingénierie patrimoniale. Une tendance qui, selon Claude Brenner (lire l’entretien ci-contre), devrait s’accentuer dans les prochaines années, notamment au sein des universités qui souhaitent valoriser les compétences juridiques et fiscales de leurs étudiants par rapport à leurs concurrents du privé.

Cursus universitaires.

En parallèle, c’est une (r)évolution interne que les universités vont connaître dès la rentrée 2017. La réforme de la sélection en master, votée en décembre dernier, autorise les universités à sélectionner leurs étudiants sur dossiers (ou sur concours) et à fixer des capacités d’accueil dès la première année de master. En contrepartie de cette sélection anticipée, les étudiants bénéficieront d’un droit à la poursuite d’études. Les détenteurs d’une licence qui ne seront pas admis en master 1 pourront après demande, auprès du recteur, obtenir trois propositions d’inscriptions tout en tenant compte de leur projet professionnel, de leur établissement d’origine et des critères d’admission des diplômes.

Bien que le décret d’application soit paru en début d’année, les facultés butent sur l’application de la réforme, notamment parce que ce nouveau dispositif les oblige à repenser leur cycle de master sur 2 ans. Une dérogation a toutefois été accordée par décret à près de 42 % des masters 2 – au rang desquels figurent bon nombre de formations juridiques – qui ont conservé en 2016 le droit de sélectionner leurs étudiants entre la première et la seconde année. Une liste actualisée est attendue pour la rentrée 2017. Ce décret a introduit une autre subtilité puisque les masters 2 non listés peuvent subordonner l'inscription d'un étudiant provenant d’une autre mention ou d’un autre établissement à la vérification de ses résultats. 

Voir le tableau des formations ici.

Fichiers: