Fintechs

Des automates à la main des conseillers

Incube a développé la solution PolySème, qu’elle présente comme un coach épargne et protection
De son côté, PrimeRadiant a misé sur un outil spécialisé en allocation d’actifs au profit des conseils
DR, Valérie Dray, directrice stratégie et développement chez Incube et Eric Mookherjee, co-fondateur de PrimeRadiant,

PolySème et PrimeRadiant s’inscrivent dans la marche des acteurs de la fintech, qui s’affichent désormais régulièrement auprès des acteurs historiques de la gestion de patrimoine (L’Agefi Actifs, n°707, p.16). Valérie Dray, directrice de la stratégie et du développement chez Incube, a présenté la solution PolySème comme un « coach épargne et protection ». Il s’agit d’une solution dédiée au pilotage des contrats d’assurance vie positionnée sur les projets du souscripteur sur la base d’une stratégie goal-based investing (GBI) (L’Agefi actifs, n°709, p.8). Plutôt que de restituer des éléments financiers à l’investisseur, il lui est indiqué s’il est en capacité de mener ses projets, « de voir comment il va les réaliser et à quel rythme », détaille-t-elle.
Un outil d’aide à la vente de plus sur le marché ? Pour Valérie Dray, « il s’agit davantage d’un coach épargne et protection ». En clair, « l’idée est de chercher de l’unité de comptes (UC) simplement. Au lieu d’évoquer la performance des taux de rendement, on parle de capacité de réalisation ». L’outil est destiné aux conseillers ou réseaux non experts en attente d’outils favorisant les investissements et les arbitrages vers l’UC. « PolySème s’adapte aux produits existants de l’assureur, c’est un outil pour travailler les stocks et opérer ces transferts, ce qui n’est pas forcément évident aujourd’hui », souligne la responsable.

Un besoin de démarcation. Quel sera l’accueil réservé à ces nouveaux acteurs sur un secteur de plus en plus concurrentiel ? Eric Mookherjee, un des trois co-fondateurs de PrimeRadiant, a détaillé la spécificité de son outil spécialisé en allocation d’actifs. « Ce n’est pas tout à fait un robot mais plutôt un ensemble d’algorithmes contrôlés par un gérant ou un conseiller financier qui ont des idées en terme d’allocation d’actifs. Ces réflexions sont appliquées au pool de fonds accessibles dans un contrat d’assurance vie ». Pour le CGP, un gain de temps et de confort par rapport à la règlementation est annoncé.

Explications. Pour le dirigeant, il est question d’optimisation parce que « quand on a 50 ou 100 clients », la déformation de portefeuilles qui ont leur propre contrainte est assurée par un ensemble d’algorithmes qui placent le conseiller de manière systématique dans le règlementaire en termes de risque, « et qui émet des ordres sur tous les portefeuilles exactement au niveau d’utilité » du client. « D’ailleurs, ce niveau d’utilité est lié au risque, il peut changer dans le temps ». Si le client a « un objectif de X milliers d’euros à échéance et si le portefeuille s’est bien comporté pendant quelques années », l’algorithme va réduire le niveau de risque du portefeuille pour accentuer la probabilité d’atteindre l’objectif. Par exemple, pour tenir compte de critères comme un investissement moyen de 200.000 euros avec un objectif de 350.000 euros à échéance et une aversion au risque de perte de 15 % dans la pire des années, « un profil est fabriqué pour cet investisseur qui est ‘matché’ en permanence avec les orientations du CIF. Tous ses clients ont leurs portefeuilles modifiés en fonction de leur niveau de risque et de leur contrainte. C’est un mélange d’algorithme et d’humain ». Le projet PrimeRadiant existe depuis décembre 2015.