Family office

Decarion Gestion Privée veut transformer l’essai

Le cabinet lancé il y a dix-huit mois a scindé son activité en deux : gestion privée et family office
Le service family office compte deux familles et discute actuellement avec cinq prospects

Créé en juin 2018 par Marion Chapel-Massot, ancienne directrice gestion privée d’Equance, et Arnaud Cervello, ancien rugbyman professionnel reconverti en CGP il y a plus de 15 ans, Decarion Gestion Privée est un cabinet dual. S’il a démarré par l’association de ses deux fondateurs à partir du portefeuille d’Arnaud Cervello, composé de sportifs et d’artistes auxquels s’ajoutaient quelques petits patrimoines héraultais (les deux associés sont montpelliérains), il a désormais une autre dimension.

« J’avais depuis longtemps la volonté de monter une activité de family office. J’ai eu l’opportunité début 2019 de m’occuper d’une famille disposant d’un patrimoine d’une cinquantaine de millions d’euros et ce fut l’occasion de mettre en place ce service », explique Marion Chapel-Massot.

 

Un cabinet, deux activités. Quelques mois plus tard, la dirigeante s’occupe de deux familles et discute actuellement avec cinq autres qu’elle espère intégrer à son activité naissante. « Nous avons élargi notre clientèle cible aux chefs d’entreprises et expatriés. Nous avons scindé l’activité de la société en deux : gestion privée et family office », détaille Marion Chapel-Massot.

Pour la première, le ticket d’entrée s’élève à 250.000 euros de placements financiers, un montant que les deux associés espèrent augmenter dans les années à venir. Côté family office, le service s’adresse à des clients disposant d’un patrimoine d’au moins 15 millions d’euros. « Force est de constater que la typologie de la clientèle aiguille aussi automatiquement vers l’une ou l’autre des activités. Par exemple, les sportifs et les artistes sont assez peu intéressés par un service type family office, alors que les chefs d’entreprises sont assez enthousiastes », indique la co-fondatrice de Decarion Gestion Privée.

Outre la segmentation de la clientèle, les deux activités se distinguent également par leur mode de rémunération. Ainsi, le business model de la partie gestion de fortune repose sur le mécanisme classique des rétrocessions toujours utilisé par la majorité des CGP. A l’inverse, l’activité family office se rémunère à 100 % en honoraires. Leur montant est calculé en fonction des actifs financiers sous vision.

C’est Marion Chapel-Massot qui s’occupe de l’élaboration de l’allocation d’actifs. Cette dernière propose à ses clients des profils types : prudent, équilibré et dynamique. Si elle milite pour une part réduite de fonds en euros, elle reste cependant dubitative sur les alternatives actuelles pour les personnes âgées ou protégées. « Dans le contexte de taux bas actuel, nous croyons beaucoup aux produits structurés et au private equity pour améliorer la performance des portefeuilles de nos clients », souligne la dirigeante, concédant qu’elle a un tempérament d’investissement prudent et qu’elle cherche avant tout à protéger le capital de ses clients.

 

Ouverture de bureau et recrutement. Actuellement constituée des deux fondateurs et de deux CGP mandataires indépendants, l’équipe devrait rapidement s’étoffer. « Nous avons déplacé notre siège social à Montpellier et conservé notre bureau de représentation à Paris. Ce changement va s’accompagner du recrutement d’un ingénieur patrimonial et d’une personne dédiée au back et au middle office », révèle Marion Chapel-Massot. Le cabinet souhaite également augmenter le nombre de ses mandataires indépendants. Cela avec l’idée de développer un réseau de représentants « en franchise », sous la marque Decarion en France, en Europe et rapidement dans d’autres pays du monde.

Gérant actuellement une quinzaine de millions d’euros, hors family office, Decarion Gestion Privée espère atteindre les 50 millions d’euros rapidement. 

Si elle indique vouloir d’abord stabiliser l’activité de sa jeune société, Marion Chapel-Massot ne cache pas son ambition de vouloir participer, à terme, au mouvement de consolidation du milieu. Pour cela, elle pourrait envisager un rapprochement avec un autre cabinet ou des rachats de portefeuilles ciblés. « Quelle que soit l’option retenue, l’important sera de conserver notre ADN », insiste-t-elle. Petite fille d’entrepreneurs depuis quatre générations, elle ne s’imagine pas autrement qu’à la tête d’une structure qui lui ressemble.