Courtiers / Agents généraux

Début des manœuvres autour de la représentation

Trois syndicats se disputent la représentation des métiers du courtage
Du côté des agents généraux, une nouvelle direction a pris les commandes
David Charlet, président, Anacofi Assurances, Laurent Ouazana, président, Ciprés Assurances, secrétaire général, Syndicat 10 et Richard Restuccia, président délégué, CSCA

Le premier semestre a été particulièrement agité dans le petit monde de la représentation du courtage où il faut désormais compter avec trois protagonistes. L’historique, à savoir la Chambre syndicale des courtiers d’assurances (CSCA), qui a concrétisé son projet de représentation unifiée. Le dissident Planète Courtier, qui est une émanation du Syndicat national des courtiers grossistes souscripteurs (Syndicat 10), achève le mouvement de séparation de la CSCA. Et enfin le syndicat Anacofi Assurances, qui vise en priorité « le monde du patrimoine du particulier et de l’entreprise ».

Un affichage commun.

Si chacun porte l’ambition de représenter les intérêts de ses adhérents, et notamment des courtiers spécialisés en épargne, les initiatives sont bien distinctes. Laurent Ouazana, président de Ciprés Assurances et secrétaire général de Syndicat 10, s’en explique : « Il est ressorti d’une enquête que nous avons menée auprès des courtiers de proximité l’existence d’un véritable besoin, dont il n’a pas été suffisamment tenu compte jusqu’à présent, de fédérer tous les types de courtage et de les rendre puissants par la représentation. » A côté de cette initiative, la CSCA n’exclut pas porte le projet de création d’une association faîtière regroupant l’ensemble des syndicats. Conscients des enjeux de Place, ces acteurs ont d’ailleurs organisé des rencontres qui sont demeurées sans lendemain. A la tête de l’Anacofi Assurances, David Charlet partage cette « volonté de s’associer à toute initiative qui aurait vocation à assurer la représentativité concertée ou unifiée du courtage ».

Des adhérents à recruter…

S’il est annoncé que les courtiers présents sur le marché de l’épargne ne seront pas tenus à l’écart des réflexions des syndicats, ces derniers usent de stratégies différentes pour susciter leur attention. Présente dans de moindres proportions que les associations de CGPI sur les sujets essentiels pour ces professionnels, la CSCA, par la voix de Richard Restuccia son président délégué, rappelle que « les directives MIF II, Prip et le document Kiid représentent autant de problématiques sur lesquelles nous avons été sollicités par le passé. Nous avons également sensibilisé nos adhérents sur la mise en œuvre de Solvabilité qui aura une incidence lourde en termes de reporting notamment ».

Pour s’assurer d’une représentativité effective, Planète Courtier entend par exemple mesurer l’état de satisfaction de ses adhérents mais aussi nommer des ambassadeurs dans chaque département, à charge pour eux de se faire le relais local des attentes du syndicat et de le représenter auprès des parlementaires. Quant à l’Anacofi Assurances, elle peut déjà compter sur le vivier que représentent les quelque 2.200  conseillers en investissements financiers (CIF) inscrits à l’Anacofi.

… avant 2017.

Le recrutement des adhérents est un enjeu crucial pour ces syndicats au regard de la prochaine mesure d’audience de représentativité qui aura lieu en 2017. Pour mémoire, au niveau national et interprofessionnel comme au niveau d’une branche professionnelle, une organisation syndicale doit recueillir au moins 8 % des suffrages exprimés pour être représentative et donc être en capacité de signer des accords collectifs. En conséquence, la CSCA veut porter de 1.000 à 2.000 le nombre de ses adhérents en une année quand Planète Courtier veut directement atteindre les 1.000 courtiers.

La valorisation des courtiers.

Les services dédiés aux adhérents sont une autre carte dans le jeu des syndicats. Là encore, l’Anacofi Assurances mise sur l’offre développée par l’Anacofi. Dans un communiqué officialisant sa création en mai dernier, celle-ci a d’ailleurs annoncé que « tous les moyens » étaient « immédiatement à sa disposition », à savoir par exemple un service juridique interne, une aide en matière de conformité ou encore des contrats RC négociés.

Si le panier de services reste à construire chez Planète Courtier, le nouveau syndicat entend se distinguer par la place qu’occuperont les courtiers dans son organisation. « Nous allons mettre en œuvre cinq collèges, où les voix des courtiers grossistes compteront autant que celles des autres typologies de courtiers (courtage de proximité, grand courtage, comparateurs...). Ce nombre est appelé à évoluer rapidement et, dans la mesure où la représentation de la pluralité est essentielle, les courtiers conseillers en gestion de patrimoine qui ont leur place dans Planète Courtier pourraient très bien disposer de leur propre collège. Pour mémoire, nous avons associé à notre démarche des courtiers grossistes qui sont présents sur ce marché, à savoir Nortia, UAF Lifeside Patrimoine, CD partenaires et le Groupe Crystal », détaille Laurent Ouazana.