CVC donne le top départ à la vente du courtier April

Le puissant fonds européen a mandaté deux banques d’affaires pour se préparer à solder son parcours dans le courtier grossiste en assurance.

Le secteur du courtage en assurance français est en effervescence. CVC Capital Partners, propriétaire du groupe lyonnais de services en assurance April, se prépare à solder sa participation majoritaire. Selon nos informations, deux banques d’affaires ont été mandatées par le puissant fonds européen : Rothschild & Co et Deutsche Bank. Des établissements qui connaissent parfaitement le dossier.

La banque de l’avenue Messine, représentée par son associé-gérant Grégoire Chertok, avait déjà travaillé sur la vente du courtier grossiste en 2018, lorsque CVC avait racheté 65% des titres à son fondateur Bruno Rousset, sur la base d’une valorisation d’entreprise de près de 900 millions d’euros. En 2020, elle avait aussi épaulé le groupe dans la cession d’Axéria Prévoyance, sa filiale de portage de risque spécialisée dans l’assurance santé, la prévoyance et l’emprunteur, rachetée par Malakoff Humanis. Quant à l’établissement d’origine allemande, il avait conseillé CVC sur cette même opération, aux côtés de Lazard.

Vers une transaction à 2,5 milliards d'euros

Après moults rebondissements, CVC était parvenu à finaliser la sortie de cote d’April en 2020. L’opération avait été rendue périlleuse en raison du blocage opposé par l’homme d’affaires Christian Burrus – lequel avait fédéré près de 10% des actionnaires pour empêcher le fonds d’atteindre les 90%, seuil à partir duquel le retrait devient obligatoire.

Aujourd’hui, CVC est bien décidé à tirer profit de son investissement. April a affiché un chiffre d’affaires de 544 millions d’euros l’an dernier, grâce à une présence dans 16 pays. Son résultat brut d'exploitation (Ebitda pré-IFRS) atteint actuellement environ 130 millions d’euros, selon nos informations. De quoi espérer une valorisation de quelque 2,5 milliards d’euros, même si le marché arrive à un tournant. « Par rapport à Odealim, racheté près de 950 millions d’euros par Ardian le mois dernier, April devrait pouvoir bénéficier d’une prime de multiple liée à sa taille. Mais le prix pourrait en rebuter plus d’un, étant donné le contexte macroéconomique », estime un gérant.

En dépit d’un actif considéré par de nombreux fonds comme de grande qualité, le marché du LBO a changé de paradigme. La guerre en Ukraine et les hausses de l’inflation et des taux d’intérêt amènent les acteurs du private equity à une plus grande prudence. « Le démarrage de l’enchère n’aura lieu qu’au deuxième semestre, quand les incertitudes sur le marché de la dette seront levées », estime un banquier. Même si, à ce jour, tous les grands fonds de la place sont attendus sur le dossier, à commencer par Cinven, KKR et Advent International.

Au cours des dernières années, le groupe présidé par Eric Maumy n’a cessé de « rendre la mariée plus belle » en se recentrant sur ses principaux marchés, à savoir la santé-prévoyance, l’assurance emprunteur et l’assurance dommages. A contrario, les cessions de certaines de ses sociétés d’assurance, de brokers et de sociétés de gestion se sont multipliées. A l'image de Cetim, rachetée l’an dernier par le spécialiste de la délégation en assurance santé et prévoyance GFP, contrôlé par Blackfin Capital Partners. 

Contactée, la direction d’April n’était pas disponible pour commenter.