Credit Suisse envisage une réorganisation de sa banque privée et de sa gestion d’actifs

Franck Joselin
L’affaire Greensill incite les dirigeants de la banque à accélérer leurs réflexions sur la séparation de ces deux activités.

La gestion d’actifs et la gestion de fortune font souvent bon ménage. Sauf quand les problèmes de l’un risquent de pénaliser l’autre. Credit Suisse travaille actuellement à une séparation de ces deux activités, a expliqué le directeur général de la banque Thomas Gottstein, lors de la conférence annuelle organisée du 16 au 18 mars par Morgan Stanley et réunissant les dirigeants des banques européennes. «D'un point de vue stratégique, avoir la gestion d’actifs en tant que subdivision de la gestion de fortune (..) est quelque chose sur lequel j’ai toujours eu des doutes», a déclaré le dirigeant.

Alors que la gestion d’actifs de Credit Suisse est sous surveillance depuis le remplacement de Tidjane Thiam en février 2020 par Thomas Gottstein, ces doutes sont devenus plus prégnants aujourd’hui avec Greensill. La fermeture des fonds qui finançaient la société d'affacturage, pour environ 10 milliards de dollars, rejaillissent sur l’ensemble de la banque. Et ce même si Thomas Gottstein a assuré qu’il n’avait été informé que «quelques jours avant» l’élément déclencheur de cette affaire, en l’occurrence la remise en question par Tokio Marine d’une assurance sur les créances de Greensill. De la même manière, la mise à pied par la banque suisse d’une partie des personnels que la banque jugeait responsable n’a pas éteint les interrogations sur les possibles implications de la faillite de la société britannique.

Ce sont d’ailleurs des interrogations sur Greensill qui ont fait l’objet des premières questions adressées à Thomas Gottstein lors de la conférence. Le dirigeant a précisé que, outre les 3,1 milliards qu’il avait déjà remboursés (soit environ 20% des actifs des fonds Greensill), il disposait dans ses fonds de 1,2 milliard de dollars de liquidité supplémentaire. Par ailleurs, la duration des produits des fonds étant inférieure à 12 mois, les remboursements arriveront progressivement dans les prochains mois. «Notre priorité est de restituer le produit de la liquidation des fonds dès que possible en maximisant la valeur pour les investisseurs», a-t-il déclaré.

Concernant le prêt relais garanti de 140 millions de dollars accordé par Credit Suisse à Greensill Capital l'année dernière, 50 millions ont été remboursés par les administrateurs de Greensill Capital, ce qui ramène l'encours du prêt garanti à 90 millions de dollars. La banque n’exclut pas «d'encourir des charges» sur ce point.